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Silice, Diatomées et Indice de réfraction...


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6 réponses à ce sujet

#1 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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  • 8 671 messages

Posté 01 avril 2010 - 09:35

Bonjour à tous,

Je m'adresse à tous et plus particulièrement aux diatomistes observateurs et aux physiciens.

En gros, ma question principale est la suivante:
Etant donné, l'indice de réfraction de la diatomée d'une part et celui du milieu de montage de l'autre quelle est la meilleure stratégie de choix du milieu de montage ou d'observation?


Les frustules de diatomées sont dit-on, composés de silice.
La première question que je me pose est:
Quel est l'indice de réfraction réel de la diatomée, sachant qu'il existe de nombreuses formes de silice (allant de 1.40 à 1.70) et que de toute façon, la structure anatomique du frustule a son rôle à jouer dans la définition de l'image et donc de sa résolution ?

A partir de là, doit-on favoriser le meilleur indice de réfraction de l'ensemble de la préparation gage de meilleure résolution, ou au contraire le plus grand contraste entre l'indice de la diatomée et celui du milieu de montage?

Cordialement.
  • 0

#2 Dominique Voisin

Dominique Voisin

    AUTEUR-MODERATEUR

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  • 3 141 messages

Posté 01 avril 2010 - 01:49

Salut Michel,

Le frustule de diatomée est composé exactement de SiO2 nH2O soit du dioxyde de silice hydraté (n H2O) c'est la même composition que l'Opale, même si celle si résulte d'une structure hétérogène...

Son indice de réfraction exact est de 1,4224 soit un peu moins que le verre et le baume (1,5 en moyenne)

Par habitude on a tendance à éloigner l'indice du milieu de montage de celui du frustule pour qu'il ressorte mieux c'est ainsi qu'aujourd'hui on utilise principalement le Naphrax en routine en particulier pour l'IBD avec un indice de 1,74 le top du top étant le celebre Realgar qui avait un indice fabuleux compris entre 2,53 et 2,70 !!! je parle au passé car le sulfure d'Arsenic, pour s'en procurer de nos jours.... c'est mission impossible.

ceci étant on peut aussi s'en éloigner dans l'autre sens... c'est l'origine du montage des diatomées à sec puisque l'air à un indice proche de 1..

Maintenant, j'ai quelques montages fait avec du baume et en utilisant du CIN ou du contraste de phase on récupère beaucoup de la lisibilité du frustule, mais c'est moins facile... sans compter que certaines stries sont si fines que seul le montage dans un indice fort permet leur observation. Il suffit pour s'en convaincre de voir toutes les anciennes illustrations d'Amphipleura pellucida ou on voit particulièrement bien les perles, elles étaient montées au Realgar...

Donc je dirais sans hésiter privilégier le plus grands contraste entre l'indice du milieu de montage et celui de la diatomée.

Amitiés

Dominique

#3 Jean Marie Cavanihac

Jean Marie Cavanihac

    AUTEUR-MODERATEUR

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  • 3 352 messages

Posté 01 avril 2010 - 02:08

Bonjour Dominique,

dans les vieux bouquins on parle aussi de la coumarone ??) (j'ai d'ailleurs des lames de diatomées commerciales montées ainsi) . Comme il semble que ce soit une substance (résine ?) naturelle elle devrait encore pouvoir se trouver ??

amitiés,
JMC
  • 0

#4 Dominique Voisin

Dominique Voisin

    AUTEUR-MODERATEUR

  • Superviseur
  • 3 141 messages

Posté 01 avril 2010 - 02:54

Salut Jean Marie,

Oui, j'en ai encore un flacon entammé dans mon placard... mais elle n'a un indice que de 1,65 si mes souvenirs sont bons... Tant que Brunel (GB) peux me fournir en Naphrax, je ne m'en prive pas

Amitiés

Dominique

#5 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 01 avril 2010 - 03:19

ceci étant on peut aussi s'en éloigner dans l'autre sens...

C'est un peu à quoi je pensais! Mais je ne savais pas où se situait l'indice des diatomées.

Pour l'air, le différentiel est donc de .42
Pour avoir le même révérenciel dans un liquide, il faut avoir un liquide de N=2.84 !

Le Naphrax, ayant un indice de 1.74 on a un différentiel de .32 .
Le différentiel est donc meilleur avec l'air.(.42)
Peut-être y-a t'il entre les perles des diatomées de l'eau? retenue, quoi qu'on fasse par capillarité.
Aussi je propose aux expérimentateurs, d'ajouter un déshydratant dans une préparation scellée ou de travailler sous vide dans une cellule !

autre solution pour le milieu de montage:
Nous utilisons en refractométrie, des liquides de contact.
Leur indice varient entre 1.79 et 1.81 Quelqu'un les a-t'il essayés?

Composition pondérale
diiodomethane 100
tétraiodoethylène 25
soufre 15

Cordialement.
  • 0

#6 Dominique Prades

Dominique Prades

    Modérateur Animateur

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  • 851 messages

Posté 17 avril 2010 - 07:13

Bonsoir,

Quelques éléments de réponse qui sont basés sur mon travail avec les diatomées.On lit parfois beaucoup de choses au sujet des indices de réfraction, en particulier pour le Naphrax pour lequel on trouve sur le Web des indices variant de 1.65 à 1.74.Je possède et utilise du Zrax, Pleurax, (rarement du Naphrax), du Styrax, du Baume du Canada (pour les radiolaires) et ma mixture que j'ai baptisé Plyrax.L'indice de réfraction d'un médium change et augmente au fur et à mesure qu'il se durcit.J'ai fait il y a quelques mois l'expérience suivante.J'ai monté quelques diatomées test sur une lame avec du Styrax.J'ai fait des images tant que le Styrax était très liquide et puis, sans rien changer à la configuration du micro., j'ai chauffé la lame quelques heures à la température adéquate pour ce médium (qui n'est pas la même pour les autres) et ai refait quelques images, et comparé les résultats sur écran.Et bien, ce qui n'était pas lisible (fins détails) le sont devenus....Je ne dirais pas non plus qu'il faille privilégier le plus grand contraste entre l'indice du milieu de montage et celui de la diatomée.J'ai constaté qu'un R.I trop élevé sur certaines diatomées fossiles trés épaisses et fortement silicifiées faisait disparaitre dans les parties sombres des diatomées certains détails, puisque le contraste est alors trés (trop) soutenu.
En résumé,je monte les lames de diatomées fossiles sur un médium à R.I pas trop élevé, et les autres avec un médium à RI plus élevé.
  • 0

#7 Dominique Voisin

Dominique Voisin

    AUTEUR-MODERATEUR

  • Superviseur
  • 3 141 messages

Posté 19 avril 2010 - 01:50

Salut Dominique,

Je te rejoins dans tes conclusions... C'est vrai que dans ma première réponse, je considérais comme postulat de départ, des diatomées difficile à résoudre... mais ce n'est pas toujours le cas !!

la présence même de deux valves (diatomée entière) au lieu d'une rend difficile la lecture avec un indice de réfraction élevé du milieu

Amitiés

Dominique




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