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Comment observer facilement des protozoaires très mobiles


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22 réponses à ce sujet

#1 Daniel Dive

Daniel Dive

    Nucléotide

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Posté 12 octobre 2011 - 08:27

Les protozoaires sont des animaux fascinants à observer, tout autant que rebutants , car souvent leur vitesse de déplacement gêne considérablement l’observation à fort grossissement.

Je vous livre deux petits trucs que j’ai utilisés pour pouvoir filmer les infusoires avec une caméra à 24 images/seconde dans le film « phénomènes d’autoépuration dans les eaux ». J’ai pu aussi ainsi observer l’endocytose (ingestion de particules alimentaires ou non).

Observations des protozoaires à l’état vivant

Matériel :

-suspension abondante d’infusoires (Paramecium, Tetrahymena, Colpidium, Colpoda, Hypotriches, Péritriches, etc…) ou de tout autre protozoaire très mobile.
- graines de Plantain (de préférence Plantago ovata, plantain des indes ou Psyllium).
- tubes à hémolyse ou petits tubes quelconques.
- pipette Pasteur ou équivalente.

Manipulations

1) Disposer dans trois ou quatre tubes une petite quantité de graines de plantain (1 volume).

2) Ajouter dans chaque tube respectivement, un volume, deux volumes, trois volumes de suspension d’infusoires

3) Laisser reposer. Le mucilage du plantain absorbe l’eau de la culture et gonfle progressivement, rendant le milieu de plus en plus visqueux, d’autant plus visqueux qu’il y a moins de liquide par volume de graine.

4) Avec le tube 1/1 (volume/volume) on peut faire les observations assez vite, dès que les graines semblent avoir absorbé le liquide. Pour faire les meilleures observations, il est préférable d’attendre que le contenu des autres tubes s’épaississe, car les protozoaires s’accoutument mieux et leur comportement est moins perturbé.

5) Prélever à la pipette une goutte (parfois très visqueuse) de la préparation. La déposer sur une lame. Recouvrir d’une lamelle. Observer au microscope.

Dans ces conditions, le mouvement des infusoires est considérablement ralenti et on peut observer les animaux vivants avec un objectif à immersion sans problème….

La technique présente des avantages par rapport à la carboxyméthylcellulose (Methocel et autres) et à la gomme arabique.

- Elle n’est absolument pas toxique pour les infusoires qui continuent à se déplacer et s’alimenter normalement. On peut même observer des divisions.

- On peut conserver les cultures épaissies plusieurs jours sans autre inconvénient que celui de la prolifération de grosses bactéries spontanément présentes à la surface des graines, qui ne gênent pas l’observation. Elles donnent des sujets d’étude complémentaires par leur mobilité.

- Contrairement à la carboxyméthyl cellulose et à la gomme arabique qui donnent un voile laiteux en contraste interférentiel Normarski, le gel de plantain est absolument transparent et cristallin et permet les observations avec des techniques comme le contraste de phase ou le contraste interférentiel.

Observation de l’endocytose chez les infusoires

Matériel

- Tubes hémolyse ou équivalent
- Une suspension abondante d’infusoires
- Eau distillée
- encre de chine (de préférence en tube avec poussoir caoutchouc)

Manipulation

1) Diluer une goutte d’encre de chine dans 5ml d’eau

2) Ajouter un volume de la dilution à un volume de suspension d’infusoires (pour faire 1 à 2 ml au total). C’est le temps zéro de l’expérience.

3) Aux temps 5, 10 et 15 mn, prélever quelques gouttes de la préparation, la fixer et observer entre lame et lamelle.

4) Après 15 mn Prendre une partie de la préparation et l’épaissir avec des graines de psyllium (1/1 ou ½ V/V)

5) Garder les préparations normale et épaissie à température ordinaire.

Observations

Les ciliés endocytent les particules noires de l’encre de chine et forment des vacuoles digestives qui apparaissent en noir sur le fond clair de la cellule. En travaillant à différents temps, on peut compter le nombre de boules noires dans les individus et comparer, par exemple, le temps de formation d’une vacuole chez la paramécie, la vorticelle ou Tetrahymena, par exemple. On peut montrer aussi que sur les quinze premières minutes, en général, la vitesse d’endocytose est constante.

Sur les préparations épaissies au psyllium, on peut passer à l’immersion et observer la formation de la vacuole digestive au fond de l’entonnoir buccal, au niveau du cytopharynx. On voit une accumulation progressive de particules noires et on peu aisément observer le détachement et l’individualisation de la vacuole digestive.

Si on garde les cultures suffisamment de temps et si la population de ciliés est abondante, on pourra observer l’éclaicissement du milieu qui indique que les particules d’encre de Chine ont été ingérées. Les infusoires sont alors littéralement bourrés de vacuoles noires.

Remarque :

L’encre de Chine peut être remplacée par des bactéries colorées. Je n’ai jamais essayé le bleu de méthylène qui peut diffuser, mais j’ai coloré des cultures bactériennes avec du chlorure de triméthyl tétrazolium qui est réduit par les bactéries en formazan rouge insoluble. Ce sont de telles bactéries qui ont été utilisées dans le film « phénomènes d’autoépuration dans les eaux ». Cela explique que les vacuoles des Colpidium et des paramécies sont colorées en rouge. Les graines de Psyllium m’ont permis de réaliser les prises de vue à l’immersion sans problème, les animaux étant considérablement ralentis, mais gardant un comportement normal pendant plusieurs jours.
  • 0

#2 Diode

Diode

    Nucléotide

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Posté 12 octobre 2011 - 09:30

Bonsoir et merci pour cette recette :)

j'aurais juste deux questions:

- ou trouves t'on des graines de plantain (dsl si la question peut paraitre stupide :( )
- as tu déjà essayé avec des flagellés et/ou des straménopiles ?
  • 0

#3 Daniel Dive

Daniel Dive

    Nucléotide

  • Membre confirmé
  • 34 messages

Posté 12 octobre 2011 - 09:51

Bonsoir et merci pour cette recette :)

j'aurais juste deux questions:

- ou trouves t'on des graines de plantain (dsl si la question peut paraitre stupide :( )
- as tu déjà essayé avec des flagellés et/ou des straménopiles ?


-----------------------------------
On trouve des graines de plantain chez les herboristes, mais elles sont aussi en vente sur internet, car elles ont une application pour les problèmes de transit digestif. On entre avec le mot clé Psyllium et on trouve des liens facilement.

Je n'ai essayé cette méthode que sur des ciliés, mais je ne vois pas pourquoi cela ne marcherait pas avec des flagellés... il faut essayer... et faire une note là dessus si cela marche... ce serait en effet très intéressant.

Bon courage et bonnes expériences..
  • 0

#4 speculoos

speculoos

    Procaryote

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  • 113 messages

Posté 12 octobre 2011 - 10:01

Merci pour ce post Daniel,
ça fait du bien après une journée de boulot de tomber sur une technique (je suis aussi amateur de pond water) que je vais tester lors de mes prochains congés.
Un peu un avant-goût de vacances.
je connaissais la gomme arabique, mais pas l'infusion de plantain.
Juste une question, à l'état vif, tu fais un montage humide (wet mount) ou juste entre lame et lamelle.
  • 0

#5 Daniel Dive

Daniel Dive

    Nucléotide

  • Membre confirmé
  • 34 messages

Posté 13 octobre 2011 - 06:17

Merci pour ce post Daniel,
ça fait du bien après une journée de boulot de tomber sur une technique (je suis aussi amateur de pond water) que je vais tester lors de mes prochains congés.
Un peu un avant-goût de vacances.
je connaissais la gomme arabique, mais pas l'infusion de plantain.
Juste une question, à l'état vif, tu fais un montage humide (wet mount) ou juste entre lame et lamelle.



Si tu fais un wet mount, l'eau va diluer le tout et les organismes vont retrouver toute leur mobilité. Il faut prendre le gel formé et le mettre entre lame et lamelle. Pas toujours facile car il peut être très visqueux et épais à aspirer. C'est pourquoi je préconise plusieurs ratios graines/culture afin d'avoir des consistances différentes et une plus ou moins grande rapidité à obtenir le gel. La lamelle aplatit la gouttelette et on observe directement..

J'observais avec un Orthoplan, en double immersion (lentille condenseur à immersion), avec un contraste interférentiel Normarski et d'un éclairage au xénon 250W, car la caméra était, en ce temps là, très exigeante en lumière.. J'avais un zoom intégré dans le micro qui m'a permis de monter jusque 3500 en grossissement (valeur de zoom 1.6)sans perdre de netteté. Je voulais récupérer ce microscope pour ma retraite, malheureusement,pour cause d'usage intensif et intempestif en routine de labo, il a été abîmé et il n'était plus possible de réparer ou de remplacer les pièces endommagées, en particulier un objectif à immersion aprochromatique qui était une merveille. Les lampes normales d'éclairage était déjà très difficiles à trouver depuis plus de cinq ans.

Bon courage et bonne chance pour les manips...

Amicalement
Daniel
  • 0

#6 speculoos

speculoos

    Procaryote

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Posté 13 octobre 2011 - 08:03

J'observais avec un Orthoplan, en double immersion (lentille condenseur à immersion), avec un contraste interférentiel Normarski et d'un éclairage au xénon 250W, car la caméra était, en ce temps là, très exigeante en lumière.. J'avais un zoom intégré dans le micro qui m'a permis de monter jusque 3500 en grossissement (valeur de zoom 1.6)sans perdre de netteté. Je voulais récupérer ce microscope pour ma retraite, malheureusement,pour cause d'usage intensif et intempestif en routine de labo, il a été abîmé et il n'était plus possible de réparer ou de remplacer les pièces endommagées, en particulier un objectif à immersion aprochromatique qui était une merveille. Les lampes normales d'éclairage était déjà très difficiles à trouver depuis plus de cinq ans.

merci pour ta réponse, je sens que d'ici quelques temps des questions vont pleuvoir.
J'imagine la langue pendante de certains intervenants sur ce forum à la description de l'équipement !!
  • 0

#7 Jean Marie Cavanihac

Jean Marie Cavanihac

    AUTEUR-MODERATEUR

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Posté 13 octobre 2011 - 08:22

Bonjour à tous,

Bonjour Daniel,

merci pour ces précieux conseils que je découvre également ! Il faudra que je fasse l'essai avec des protozoaires marins, mais il n'y a pas de raisons pour que cela ne marche pas !


amitiés,
JMC
  • 0

#8 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 13 octobre 2011 - 08:27

Bonjour tous,

Où trouver du Plantain ?

Le plantain est une plante très courante. Elle est même considérée dans nos potagers comme une mauvaise herbe (1).
On en trouve dans les chemins, les prés, les pelouses et les jardins "bio".
Vous trouverez sur le net, de nombreuses illustrations de la plante et ses très nombreuses vertus alléguées.

Je "prends la plume" surtout pour vous raconter une petite anecdote.
Quand nous étions enfants nous avions l'habitude lors de nos promenades de faire des "batailles" de plantain!
Nous ramassions les "fleurs" avec leur tige que nous retournions en faisant une boucle comme sur la photo.
En tenant entre le pouce et l'index les deux morceaux repliés et en tirant sur la tige, la partie "fleur" était propulsée assez rapidement sur l'adversaire visé !
Ce jeu qui pourrait paraître stupide à certains écolos, est probablement un élément de la culture collective, qui se transmet de générations en générations...

Plantain-1.jpg


Plantain-2.jpg

Amitiés

(1) Je préfère le terme de plante non désirée. (ou indésirable)
Pour moi il n'y a pas de mauvaise herbe si ce n'est au gout !
  • 0

#9 speculoos

speculoos

    Procaryote

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Posté 13 octobre 2011 - 12:16

(1) Je préfère le terme de plante non désirée. (ou indésirable)
Pour moi il n'y a pas de mauvaise herbe si ce n'est au gout !

On dit aussi "une mauvaise herbe est une plante pour laquelle on a pas encore trouvé d'utilité !"
  • 0

#10 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 13 octobre 2011 - 03:08

Plantain suite :

En ce moment le Plantain graine.
C'est l'occasion d'en ramasser pour nos expériences.
Je dispose d'un pré de deux hectares où il pousse dans de bonnes proportions au milieu d'autres plantes.
Je viens d'en ramasser la valeur d'un pot à confitures.
Je ne vous cache pas que même si la population est assez dense, c'est pas mal de travail pour les ramasser et isoler les graines.
Il faudrait retrouver les gestes des anciens herboristes ou botaniste pour séparer les graines des enveloppes.
Je pense qu'il faudrait un petit tamis pour faire sauter la récolte et en l'absence de vent, souffler dessus...ou utiliser un ventilateur.
Je ne connais pas l'espèce, la plante étant sèche.
Il faudrait à partir de ces graines démarrer un petit semis d'une part pour la détermination et d'autre part tester les graines sur une culture d'infusoires.

Plantain-3.jpg


Dans le cas où ces graines donneraient satisfaction, il serai intéressant d'en stocker quelques dizaines de grammes et de se lancer dans la culture d'Infusoires, sous réserve de disposer d'un protocole de culture.

Les seuls protocoles de culture que je connais (infusions de foin etc ..), se rattachent davantage à des recettes de cuisine qu'un véritable protocole de laboratoire.

Amitiés.
  • 0

#11 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 13 octobre 2011 - 03:53

Je viens de passe 1h 1/2 à décortiquer les "fleurs", malheureusement les graines avaient déjà rejoint le sol !
Il ne reste que les enveloppes.

Plantain-4.jpg


Ce matin j'ai eu plus de chance, chez-moi, mais dans le champ du voisin, je pense que c'est un peu tard !

Amitiés.
  • 0

#12 TitusVIII

TitusVIII

    Nucléotide

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Posté 18 novembre 2011 - 02:52

Les protozoaires sont des animaux fascinants à observer, tout autant que rebutants , car souvent leur vitesse de déplacement gêne considérablement l’observation à fort grossissement.

Je vous livre deux petits trucs que j’ai utilisés pour pouvoir filmer les infusoires avec une caméra à 24 images/seconde dans le film « phénomènes d’autoépuration dans les eaux ». J’ai pu aussi ainsi observer l’endocytose (ingestion de particules alimentaires ou non).

Observations des protozoaires à l’état vivant

Matériel :

-suspension abondante d’infusoires (Paramecium, Tetrahymena, Colpidium, Colpoda, Hypotriches, Péritriches, etc…) ou de tout autre protozoaire très mobile.
- graines de Plantain (de préférence Plantago ovata, plantain des indes ou Psyllium).
- tubes à hémolyse ou petits tubes quelconques.
- pipette Pasteur ou équivalente.

Manipulations

1) Disposer dans trois ou quatre tubes une petite quantité de graines de plantain (1 volume).

2) Ajouter dans chaque tube respectivement, un volume, deux volumes, trois volumes de suspension d’infusoires

3) Laisser reposer. Le mucilage du plantain absorbe l’eau de la culture et gonfle progressivement, rendant le milieu de plus en plus visqueux, d’autant plus visqueux qu’il y a moins de liquide par volume de graine.

4) Avec le tube 1/1 (volume/volume) on peut faire les observations assez vite, dès que les graines semblent avoir absorbé le liquide. Pour faire les meilleures observations, il est préférable d’attendre que le contenu des autres tubes s’épaississe, car les protozoaires s’accoutument mieux et leur comportement est moins perturbé.

5) Prélever à la pipette une goutte (parfois très visqueuse) de la préparation. La déposer sur une lame. Recouvrir d’une lamelle. Observer au microscope.

Dans ces conditions, le mouvement des infusoires est considérablement ralenti et on peut observer les animaux vivants avec un objectif à immersion sans problème….

La technique présente des avantages par rapport à la carboxyméthylcellulose (Methocel et autres) et à la gomme arabique.

- Elle n’est absolument pas toxique pour les infusoires qui continuent à se déplacer et s’alimenter normalement. On peut même observer des divisions.

- On peut conserver les cultures épaissies plusieurs jours sans autre inconvénient que celui de la prolifération de grosses bactéries spontanément présentes à la surface des graines, qui ne gênent pas l’observation. Elles donnent des sujets d’étude complémentaires par leur mobilité.

- Contrairement à la carboxyméthyl cellulose et à la gomme arabique qui donnent un voile laiteux en contraste interférentiel Normarski, le gel de plantain est absolument transparent et cristallin et permet les observations avec des techniques comme le contraste de phase ou le contraste interférentiel.

Observation de l’endocytose chez les infusoires

Matériel

- Tubes hémolyse ou équivalent
- Une suspension abondante d’infusoires
- Eau distillée
- encre de chine (de préférence en tube avec poussoir caoutchouc)

Manipulation

1) Diluer une goutte d’encre de chine dans 5ml d’eau

2) Ajouter un volume de la dilution à un volume de suspension d’infusoires (pour faire 1 à 2 ml au total). C’est le temps zéro de l’expérience.

3) Aux temps 5, 10 et 15 mn, prélever quelques gouttes de la préparation, la fixer et observer entre lame et lamelle.

4) Après 15 mn Prendre une partie de la préparation et l’épaissir avec des graines de psyllium (1/1 ou ½ V/V)

5) Garder les préparations normale et épaissie à température ordinaire.

Observations

Les ciliés endocytent les particules noires de l’encre de chine et forment des vacuoles digestives qui apparaissent en noir sur le fond clair de la cellule. En travaillant à différents temps, on peut compter le nombre de boules noires dans les individus et comparer, par exemple, le temps de formation d’une vacuole chez la paramécie, la vorticelle ou Tetrahymena, par exemple. On peut montrer aussi que sur les quinze premières minutes, en général, la vitesse d’endocytose est constante.

Sur les préparations épaissies au psyllium, on peut passer à l’immersion et observer la formation de la vacuole digestive au fond de l’entonnoir buccal, au niveau du cytopharynx. On voit une accumulation progressive de particules noires et on peu aisément observer le détachement et l’individualisation de la vacuole digestive.

Si on garde les cultures suffisamment de temps et si la population de ciliés est abondante, on pourra observer l’éclaicissement du milieu qui indique que les particules d’encre de Chine ont été ingérées. Les infusoires sont alors littéralement bourrés de vacuoles noires.

Remarque :

L’encre de Chine peut être remplacée par des bactéries colorées. Je n’ai jamais essayé le bleu de méthylène qui peut diffuser, mais j’ai coloré des cultures bactériennes avec du chlorure de triméthyl tétrazolium qui est réduit par les bactéries en formazan rouge insoluble. Ce sont de telles bactéries qui ont été utilisées dans le film « phénomènes d’autoépuration dans les eaux ». Cela explique que les vacuoles des Colpidium et des paramécies sont colorées en rouge. Les graines de Psyllium m’ont permis de réaliser les prises de vue à l’immersion sans problème, les animaux étant considérablement ralentis, mais gardant un comportement normal pendant plusieurs jours.



Merci Daniel,

Ta technique d'observation avec du psyllium fonctionne à merveille.

Je m’en suis procuré en pharmacie, je le saupoudre sur la préparation.

Les rotifères ne semblent pas l’apprécier par contre.

Bonne journée, Guy
  • 0

#13 Daniel Dive

Daniel Dive

    Nucléotide

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Posté 18 novembre 2011 - 04:35

Merci Daniel,

Ta technique d'observation avec du psyllium fonctionne à merveille.

Je m’en suis procuré en pharmacie, je le saupoudre sur la préparation.

Les rotifères ne semblent pas l’apprécier par contre.

Bonne journée, Guy



Merci. je n'avais pas trop de doutes, ayant utilisé cette technique prendant de nombreuses années.. Essaie de nous faire des photos ou une petite vidéo de démonstration. Je suis totalement en panne de microscope pour l'instant et je peux absolument rien faire en plus en absence de caméra...

Je ne suis pas étonné pour les rotifères qui sont des organismes beaucoup plus complexes et qui doivent avoir des problèmes de régulation osmotique, ou être intoxiqués par le mucilage. Je n'ai proposé cette technique que pour les protozoaires, en particulier les cilés nageurs dont beaucoup ne peuvent pas être observés avec précision sans être ralentis.
j'ai pu faire des observations sur des holotriches, des hypotriches et des péritriches avec cette méthode... J'ai pu observer aussi une fois une euglène, et j'ai constaté que les bactéries mobiles étaient ralenties.

Amicalement

Daniel
  • 0

#14 Michel

Michel

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Posté 18 novembre 2011 - 04:59

Bonjour à tous, Daniel,Guy,

Je faisais l'autre jour de la confiture de pastèques et m’apprête à faire de la pâte et de la gelée de coings...
Je connais depuis longtemps le rôle de la pectine contenue dans les pépins pour faire prendre la confiture ou la gelée.
Dans un melon, une pastèque,une citrouille,un potimarron, un butternut,..., on jette (à tort!), des quantités impressionnantes de graines (pépins).
Il faudrait penser à les faire sécher, passer au mortier, tamiser... et tester sur les infusoires...

Cordialement.

Notez bien:
Pensez à ne pas reprendre, en citant, l'intégralité du message précédent, cela alourdit les pages, la bande passante et encombre la mémoire du serveur.
Sélectionnes plutôt la partie à laquelle vous répondez, ou préférez le bouton bleu "Ajouter une réponse."

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#15 TitusVIII

TitusVIII

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Posté 19 novembre 2011 - 09:34

Bonjour Daniel,

Je n’ai pas de webcam pour prendre des photos ou des films, mais Noël s’en vient… Le choix n’est pas facile par contre.

Je me suis procuré les objectifs 4x et 10x (mon microscope n’était équipé à l’achat que des 40x et 100x) et peux enfin m’émerveiller devant une goutte d’eau.

J’espère pouvoir bientôt poster des films et des photos et, tout en participant aux échanges, être rassuré quant à l’identification de mes animalcules.

Au plaisir, Guy
  • 0

#16 TitusVIII

TitusVIII

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Posté 19 novembre 2011 - 09:38

Bonjour mPx,

Je ne crois pas qu’on trouve des coings ici au Québec, mais on a des pommettes et ça,
c’est plein de pectine, toutefois la saison est passée et les pommettes en gelée.
À moins de tester la gélatine commerciale?

J’espère que ce message-ci sera posté comme il faut.

Amicalement, et bonne dégustation de pâte de coings.

Guy
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#17 Michel

Michel

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Posté 20 novembre 2011 - 09:41

Bonjour Guy,

Je viens de me renseigner sur les pommettes, la gelée à l'air très appétissante!
C'est curieux, je n'en avais jamais entendu parler. Il n'existe ici que des pommiers à fleurs, décoratifs dont les fruits ne sont pas comestibles, sauf pour les merles.
Comme les pommes, les pommettes doivent avoir des pépins et donc de la pectine.

Amitiés.
  • 0

#18 Daniel Dive

Daniel Dive

    Nucléotide

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Posté 20 novembre 2011 - 10:21

Bonjour Guy,

Je viens de me renseigner sur les pommettes, la gelée à l'air très appétissante!
C'est curieux, je n'en avais jamais entendu parler. Il n'existe ici que des pommiers à fleurs, décoratifs dont les fruits ne sont pas comestibles, sauf pour les merles.
Comme les pommes, les pommettes doivent avoir des pépins et donc de la pectine.

Amitiés.

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Les coings et les pommes c'est bien, mais toute personne qui fait des gelées ou des confitures, utilise un temps d'ébullition minimum pour que la pectine se libère en abondance. je crois pas que les protozoaires supporteraient de bon coeur ce traitement.

Pour la gélatine, la viscosité varie beaucoup en fonction de la concentration en gélatine, et surtout en fonction de la température. à partir d'une certaine concentration, la préparation se solidifie à température ambiante et se liquéfie à des températures supérieures à 30°C. Je ne suis pas sûr non plus que la gélatine n'introduise pas d'opalescence en contraste de phase ou en contraste interférentiel (je n'ai pas vérifié personnellement).

Je sais que le psyllium est plus difficile à se procurer que la gélatine, mais il a réellement fait ses preuves à maintes reprises. J'ai trouvé ce protocole dans une édition du précis de microscopie de Langeron datant de 1918 et je l'ai adaptée à mes propres besoins.
  • 0

#19 speculoos

speculoos

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Posté 20 novembre 2011 - 11:18

-------------------------------------------------------------

Les coings et les pommes c'est bien, mais toute personne qui fait des gelées ou des confitures, utilise un temps d'ébullition minimum pour que la pectine se libère en abondance. je crois pas que les protozoaires supporteraient de bon coeur ce traitement.

Pour la gélatine, la viscosité varie beaucoup en fonction de la concentration en gélatine, et surtout en fonction de la température. à partir d'une certaine concentration, la préparation se solidifie à température ambiante et se liquéfie à des températures supérieures à 30°C. Je ne suis pas sûr non plus que la gélatine n'introduise pas d'opalescence en contraste de phase ou en contraste interférentiel (je n'ai pas vérifié personnellement).

Je sais que le psyllium est plus difficile à se procurer que la gélatine, mais il a réellement fait ses preuves à maintes reprises. J'ai trouvé ce protocole dans une édition du précis de microscopie de Langeron datant de 1918 et je l'ai adaptée à mes propres besoins.

Bonjour Daniel,
Pour la gélatine en CP tu as raison, de même que dans des milieux glucosés.
Un étalement d'un milieu de Saboureaud , ou dans un examen de levurage, certes les levures sont observables, mais pour les bactéries, une fixation et rinçage à l'alcool est nécessaire.

J'ai cherché du psyllium, mais sans trop pousser, et en potassant un peu sur le sujet du mucilage, j'avais la guimauve, le lin blond et le psyllium. Vu que j'avais du lin sous la main, j'ai testé ton protocole, étonné d'ailleurs de la motilité de certains bâtonnets filants un peu crétins qui se percutent.
(Mon CP n'étant qu'en 20 X et 40X achromatique, je ne risquerais pas une identification).

Modifié par speculoos, 20 novembre 2011 - 11:19 .

  • 0

#20 Michel

Michel

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Posté 21 novembre 2011 - 10:39

Bonjour Daniel, tous,

Au sujet des pectines:
Ta remarque est judicieuse pour obtenir la pectine à partir des trognons de pommes ou de coings, il faut les cuire.
Dans la fabrication de confitures, on fait un petit sachet de gaze contenant les pépins qui cuisent en même temps que les fruits.
A l'issue de la cuisson, on retire le sachet.
En effet je vois mal faire subir le même traitement aux cultures d'infusoire.
Mais on trouve sur le net de nombreuses recettes de "fabrication" de pectine sans pour autant faire de la confiture. Par exemple pour le nappage.
Je ne dis pas que çà marche, mais on peut toujours essayer en mélangeant une petite goutte de cette pectine avec le prélèvement.


Ceci dit, de nombreux microscopistes ont déjà expérimenté de nombreuses substances et je pense qu'il est plus efficace de mettre en oeuvre leurs recettes que de réinventer l'eau tiède. A moins de vouloir faire une recherche exhaustive à partir de tous les "épaississants" (Série de E4xx des additifs alimentaires) du commerce et de toutes les plantes à mucilages .

Langeron dans son édition de 1949 cite les travaux de Statkewitsch dans lesquels l'auteur fait la différence entre :

1 substances muco-colloîdales parmi lesquelles on trouve
- Plantago psyllium
- graines de cognassier
- gomme d' Astragale
- Les Caragahen (fucus crispus)
- gomme de cerisier
- gomme arabique
- l'agar agar
2 -les substances protéo-colloidales
- Gélatine
- albumine
- Amidon
- dextrine

C'est le premier groupe qui a sa préférence car elles se dissolvent facilement à l'eau froide et ne sont pas toxiques.
Et parmi elles les trois premières sont particulièrement appréciées .
La première étant en tête.
Mais d'après Langeron, le meilleur ralentisseur serait la Méthylcellulose.
On peut donc mettre dans le peloton de tête Methylcellulose, graines de Plantago psyllium , de Cognassier et la gomme d'Astragale, si j'ai bien compris, mais il reste d'autres solutions.

Langeron citant Statkewitsch indique qu'il faut placer un gramme de graines de coings dans 50 grammes d'eau et on obtient rapidement un milieu très consistant et pour les graines d' Astragale , on met beaucoup moins de graines.
Pour le Plantago psyllium il faut mettre 1 à 2 cm de graines dans un vase contenant 5 à 10 ml d'une solution riche en infusoires ce qui rejoint le protocole de Daniel.
Statkewitsch indique qu'il y a trois degrés dans ses solutions (liquide, sirupeux, colloïde ) ce qui correspond aux trois mélanges de Daniel et je suppose que chaque concentration apporte des enseignements différents et complémentaires.
Ce que ne dit pas Langeron (et Statkewitsch ) ce sont les comportements optiques de ces substances par rapport au CID puisque celui-ci n'existait pas.
Adoptons donc les méthodes approuvées (celle décrite par Daniel dans le sujet ) nous y gagnerons en efficacité et rapidité...

Amitiés.
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#21 Daniel Dive

Daniel Dive

    Nucléotide

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Posté 22 novembre 2011 - 09:15

Merci pour cette analyse très complète et exhaustive.

Je n'ajouterai qu'une chose, déjà soulignée dans mon protocole. Avant d'adopter le psyllium, j'avais aussi essayé la gomme et la carboxymethylcellulose. Ces deux produits perturbaient le comportement alimentaire des ciliés que je voulais étudier, et donnaient un fond laiteux aussi bien en contraste de phase qu'en contraste interférentiel. Ils n'assuraient pas non plus le maintien de cultures épaisses viables pendant plusieurs jours. C'est pourquoi, finalement, j'ai opté pour le psyllium. Les images du film montrent des activités alimentaires normales (formation d'une vacuole chez une vorticelle, paramécies et Colpidium bourrés de vacuoles digestives pleines de bactéries colorées) une mobilité normale, mais ralentie, et un fond sans voile, une image très nette, même à immersion. C'est ce qui a conditionné mon choix.

Amicalement

Daniel

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Bonjour Daniel, tous,

Au sujet des pectines:
Ta remarque est judicieuse pour obtenir la pectine à partir des trognons de pommes ou de coings, il faut les cuire.
Dans la fabrication de confitures, on fait un petit sachet de gaze contenant les pépins qui cuisent en même temps que les fruits.
A l'issue de la cuisson, on retire le sachet.
En effet je vois mal faire subir le même traitement aux cultures d'infusoire.
Mais on trouve sur le net de nombreuses recettes de "fabrication" de pectine sans pour autant faire de la confiture. Par exemple pour le nappage.
Je ne dis pas que çà marche, mais on peut toujours essayer en mélangeant une petite goutte de cette pectine avec le prélèvement.


Ceci dit, de nombreux microscopistes ont déjà expérimenté de nombreuses substances et je pense qu'il est plus efficace de mettre en oeuvre leurs recettes que de réinventer l'eau tiède. A moins de vouloir faire une recherche exhaustive à partir de tous les "épaississants" (Série de E4xx des additifs alimentaires) du commerce et de toutes les plantes à mucilages .

Langeron dans son édition de 1949 cite les travaux de Statkewitsch dans lesquels l'auteur fait la différence entre :

1 substances muco-colloîdales parmi lesquelles on trouve
- Plantago psyllium
- graines de cognassier
- gomme d' Astragale
- Les Caragahen (fucus crispus)
- gomme de cerisier
- gomme arabique
- l'agar agar
2 -les substances protéo-colloidales
- Gélatine
- albumine
- Amidon
- dextrine

C'est le premier groupe qui a sa préférence car elles se dissolvent facilement à l'eau froide et ne sont pas toxiques.
Et parmi elles les trois premières sont particulièrement appréciées .
La première étant en tête.
Mais d'après Langeron, le meilleur ralentisseur serait la Méthylcellulose.
On peut donc mettre dans le peloton de tête Methylcellulose, graines de Plantago psyllium , de Cognassier et la gomme d'Astragale, si j'ai bien compris, mais il reste d'autres solutions.

Langeron citant Statkewitsch indique qu'il faut placer un gramme de graines de coings dans 50 grammes d'eau et on obtient rapidement un milieu très consistant et pour les graines d' Astragale , on met beaucoup moins de graines.
Pour le Plantago psyllium il faut mettre 1 à 2 cm de graines dans un vase contenant 5 à 10 ml d'une solution riche en infusoires ce qui rejoint le protocole de Daniel.
Statkewitsch indique qu'il y a trois degrés dans ses solutions (liquide, sirupeux, colloïde ) ce qui correspond aux trois mélanges de Daniel et je suppose que chaque concentration apporte des enseignements différents et complémentaires.
Ce que ne dit pas Langeron (et Statkewitsch ) ce sont les comportements optiques de ces substances par rapport au CID puisque celui-ci n'existait pas.
Adoptons donc les méthodes approuvées (celle décrite par Daniel dans le sujet ) nous y gagnerons en efficacité et rapidité...

Amitiés.


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#22 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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  • 8 671 messages

Posté 22 novembre 2011 - 09:31

Bonjour Daniel, tous,

Merci Daniel pour ces précisions.
Je placerais donc en tête des produits ralentisseurs de protozoaires le Plantago psyllium.

Amitiés.
  • 0

#23 Vardar

Vardar

    Ciliate lover

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  • 815 messages

Posté 04 novembre 2015 - 08:00

Daniel Dive !!!

Mon maître ! c'est lui qui m'a reçu dans son laboratoire quand j'avais 15 ans...

ça date.

Daniel si vous me lisez...

 

Philippe


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