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Individualité chez les Protistes.


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2 réponses à ce sujet

#1 Tryphon T

Tryphon T

    oooOooo

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Posté 29 septembre 2014 - 07:44

Bonjour,

 

Je vous cite un post de MMSS fort intéressant et très juste qui parle d'individualité !

 

Si la partition se réalise théoriquement, de façon équivalente (mitose) en ce qui concerne les brins d'ADN, il n'en est pas de même pour les protéines et éventuellement pour les petits brins d'ARn qui seraient présents
dans l'organisme de la mère.
C'est pourquoi on peut considérer que s'il y a génétiquement deux individus identiques, protéosomiquement, ils ne le sont pas
C'est pour cela que je dis la mère et la fille, bien qu'une fois séparés, on ne les reconnaisse pas, avec nos yeux humains et qu'ils soient alors deux organismes identiques, deux mères potentielles désormais
(mais pour taquiner je pourrais aussi bien dire père et fils... tout cela dans l'esprit du lieu)

Mais si on réfléchit en regardant l'organisme au départ de la mitose: il se divise et semble se répartir en deux moitiés dont on aura tendance à penser que c'est la "mère" qui est devant et qui tire la remorque"fille"
alors qu'au fond... on est dans l'impossibilité de le savoir sans faire une analyse biochimique des constituants du protéome
Selon les cas... cela pourrait être la fille qui tire la mère... du moment que ce qui "conduit" est placé vers l'avant
Dans ce clip on voit que la "fille" suit le mouvement puis à la scission devient autonome et continue son chemin: vers l'avant, le bout qui était le lien de la remorque
Il est évident que dans ce cas... il lui fut impossible d'imposer des mouvements à la mère"
Il faudrait observer des organismes qui se divisent et voir si parfois, il est possible que les mouvements soient inversés... ce qui serait étrange
Parce que lorsque la mère se divise... son avant demande un arrière et sa fille  qui possède un arrière demande bien un avant...ce que l'on peut observer

Désolé d'avoir interféré avec la réponse de Sr VArdar

 

Oublions le débat qui consiste à se poser la question de qui est la mère, et qui est la fille car c'est un débat anthropocentriste qui se base sur une vision déformée par notre propre mode de vie aux antipodes de la vie de ces cellules.

D'abord, il n'est pas question de sexualiser le Protiste en lui attribuant un sexe féminin, et pourquoi pas masculin, il n'y a pas de raison.

En fait pour être complet (pour ne pas faire de raccourci trompeur,), il n'a jamais été question de mère mais de cellule (féminin) mère ! Ce n'est pas du tout la même chose .

Et par conséquence, la cellule fille se voit attribuer le même genre féminin.

Ce petit détail change tout dans notre compréhension de cette "filiation" car ce n'est pas un individu "féminin" qui donnerait la vie à un autre individu, forcément "féminin".

 

Ce qui est juste, c'est de dire qu'il n'y a pas dans ce mode de reproduction, d'une part la duplication d'un patrimoine génétique et d'autre part un partage du cytoplasme.

La reproduction qui consisterait à dupliquer exclusivement de l'information génétique est un peu trop réductionniste, simplificatrice et MMSdS nous le fait remarquer à juste titre.

Mais que savons-nous au juste de ce qui se passe réellement au moment de la division?

On peut supposer, en accord à ce que nous a appris quasiment 200 ans de génétique, qu'il y a duplication d'une information chromosomique, à l'identique, si on fait abstraction des mutations possibles et qu'il y a répartition somatique suivie d'une reconstitution des parties manquantes .

Pour la duplication de l'information génétique, nous connaissons assez bien le scénario, mais nous ne savons rien de la répartition des organites cellulaires.

 

Nous pouvons supposer que pour les parties manquantes fonctionnelles comme la "bouche" par exemple, il est vraisemblable que sa reconstitution se fait à partir du code génétique transmis et ainsi de suite pour les autres organites.

Au final, les individus seraient bien identiques.

Reste le problème (qui n'en est pas un) des organites autonomes comme les mitochondries ou les chloroplastes qui ont leur propre matériel génétique.

On peut supposer également qu'ils se divisent avant la scissiparité et que chaque nouvel organite va rejoindre les pôles de la cellule en division.

Là encore, aux erreurs de réplication près, nous aurons deux cellules identiques.

 

Maintenant pour aller un peu plus loin, imaginons les propres cellules de notre corps.

Elles nous posent apparemment pas les mêmes problèmes que la reproduction des Protistes.

Et pourtant, nous sommes dans le même cas de figure.

Apparemment, ce qui compte dans notre organisme, c'est que nous avons affaire à des cellules spécialisées pour la plupart d'entre elles, et qu'elles forment des TISSUS  pour former à leur tour  des ORGANES puis un ORGANISME.

 

Pour les Protistes, ce n'est pas tout à fait la même chose puisqu'il n'y a qu'un seul degré ( cl..)  au lieu de trois degrés (tissus,organes et organisme)

Ce degré unique s'appelle un CLONE

Toutes les cellules issues d'une même cellule mère de Protiste constituent, non pas une colonie de cellules indépendantes, mais un" individu" unique: un clone.

 

Il ne faut donc pas prendre pour référence la reproduction d'un organisme pluricellulaire (la notre)  quand on essaye de comprendre la reproduction des Protistes (et autres unicellulaires!) mais la formation d'un clone . Et donc, il n'est peut-être pas intéressant de considérer les Paramécies d'un même clone comme des individualités à part entière mais les cellules d'un même tissus.

 

Bien clonalement.

 


  • 0

#2 solito de solis

solito de solis

    Homo sapiens microscopicus

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  • 1 346 messages

Posté 30 septembre 2014 - 02:34

J'avais pas vu le post et je réponds avec un certain retard

La division cellulaire nous a été apprise par clônage: nous avons adopté les rites et les langages de nos professeurs

en respectant souvent plus ou moins la théorie de division du génôme comme étant essentielle au dédoublement de l'information

et donc de la transmission de la vie organique

Il se fait que nos professeurs n'étaient pas très au courant parce que leurs professeurs n'en ont pas vraiment eu l'intuition

de la structure 3D des protéines. Tout était dessiné à plat sur le tableau et il leur était facile de montrer l'ADN se divisant en deux chaînes

bien plates lorsque la spirale s'étale... C'était faire peu fi de la troisième dimension, difficile bien sûr de la représenter sur un tableau avec une craie

ou de réaliser des motifs 3D interactifs pour POWERPOINT et du temps: cette quatrième dimension qui révèle la conscience !

 

L'importance à cela ? C'est que les gênes codants de l'ADN créeront les protéines en fonction de leur situation dans l'espace de la cellule

et les protéines qui seront créées le seront en fonction non pas d'une nécessité immédiate selon la position dans la chaîne des nucléotides mais en fonction de l'espace

qu'elles auront pour se développer ou non. Au final... toute la chaîne aura exprimé ce qu'elle doit exprimer, oui, mais pas réellement dans l'ordre comme nous le pensons

mais bien plutôt selon l'espace interactif entre ADN, ARN etc...

C'est à dire que statistiquement:

deux cellules issues d'une division seront des clônes au niveau du patrimoine génétique, mais seront différentes au niveau protéomique

avec des variations qui respecteront la distribution de Gauss

Il se fait donc qu'il est impossible de comparer deux cellules filles même si elles possèdent le même génôme

Leur structure interne a vu, selon la géographie du milieu, un arrangement protéique différent

 

Il en va de même pour la différenciation cellulaire lors de la division de l'ovule fécondé par le spermatozoïde

Qu'est-ce qui fait que telle cellule identique aux autres, finalement donnera naissance au système nerveux et telle autre se différenciera en cellules cardiaques ?

Leur position l'une par rapport à l'autre: leur situation géographique (en haut, en bas, à droite, à gauche dans le petit amas cellulaire après quelques divisions etc...) stimulera la fabrication de telles protéines

qui finalement exprimeront l'entièreté des gènes codants et annoncera la différenciation qui nous rend si complexes et si compliqués et aussi si fragiles.

 

Si on fait voyager une cellule-souche plénipotente virtuellement dans le corps humain, d'indifférenciée qu'elle est au départ, selon le lieu où elle sera conduite, et sous la tutelle des activateurs adéquats, elle deviendra cellule dermatique, cellule hépatique etc...

 

Je pense donc que deux clônes d'une paramécie mère, sont deux individus de par leur histoire liée à la flêche du temps et donc aussi à l'espace où ce temps a pris cours

 

SDS


Modifié par solito de solis, 30 septembre 2014 - 02:37 .

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#3 Tryphon T

Tryphon T

    oooOooo

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  • 13 182 messages

Posté 30 septembre 2014 - 02:50

Bonjour,

 

J'employais le mot clone dans son sens biologique  c'est à dire celui de tous les individus issu d'une même cellule et non dans le sens populaire de copie conforme d'un individu.

La meilleure comparaison d'un clone est celle que l'on peut faire avec un tissus.

Disons qu'un clone est un tissus qui n'appartient pas à un organisme, un "tissus libre" en quelque sorte.

Ainsi chaque Protiste serait non pas un individu, mais un élément d'un tout, d'un clone.

Peut-être pourrions nous en examinant les Protistes sous cet angle pour mieux les comprendre.

 

Ceci est une vision toute personnelle, de la biologie...


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