Aller au contenu


***** Bienvenue dans le forum MikrOscOpia ! *****
Photo
- - - - -

heliamphora heterodoxa (plantes carnivores, 9)


  • Veuillez vous connecter pour répondre
Aucune réponse à ce sujet

#1 pablito

pablito

    Homo sapiens microscopicus

  • Co.Admin
  • 1 241 messages

Posté 19 mars 2015 - 08:40

Bonsoir.

 

Suite du feuilleton sur les plantes carnivores.

Ce soir, heliamphora.

C'est une plante carnivore rare qui ne pousse à l'état sauvage que sur les hauts plateaux du Vénézuela.

Elle a constitué des pièges remarquables, vit dans des milieux très très humides et toujours dans une tenuer en humidité proche de la saturation.

 

Une photo de la plante, et comme d'habitude, un dessin pour montrer oû sont faites les observations ultérieures.

 

IMG_0118_V9.jpg

 

IMG_0166_V9.jpg

 

1. Structure des tissus

 

Une fois n'est pas coutume, je commence par vous montrer les coupes réalisées dans les tissus, avant d'étudier le mécanisme de la plante carnivore.

Cette plante est très dure à observer au microscope, car sa structure est cassante, les coupes sont diaboliques à réaliser.
J'ai été obligé de remplir les urnes avec de la paraffine pour faire des coupes correctes ...
En effet, la structure est la suivante : deux épidermes internes très durs et cassants de trois couches de cellules, et au milieu de l'air (tissu aérenchyme que l'on retrouve chez le nénuphar et le jonc : nous sommes en présence d'une plante quasi aquatique)

Trois photos pour le montrer, la troisième est une grossissement X40 du tissu aérenchyme

 

heliamphora coupe piège 2_V9.jpg

 

heliamphora coupe tissu aérenchyme 1_V9.jpg

 

heliamphora aérenchyme 1_V10.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



2. Les réserves d'amidon

 

Comme vous avez pu observer, sur la première photo de coupe, la présence de petits grains dans la cellule.
Ces grains ont été pendant 15 jours une grande inconnue pour moi, je n'ai trouvé nulle trace dans la littérature de stockage ou de réserves spécifiques à heliamphora.
J'ai testé plein de pistes, pour finalement faire une coloration classique au lugol. Bingo. Le lugol colore l'amidon en violet, ici c'est flagrant.
Il y a autant d'amidon que dans la pomme de terre, j'ai fait la comparaison !!!!!!!

Photos :
- les grains à la lumière polarisée
- la mise en évidence qu'il s'agit d'amidon par le lugol

 

heliamphora amidon 3_V9.jpg

 

heliamphora amidon 2_V9.jpg

 



3. L'attraction

 

Elle est facile à imaginer :
Il s'agit classiquement d'une attraction par la couleur, la forme, et du nectar.
Bref, heliamphora déploie le grand jeu.
Le capuchon (spoon, donc cuillère dans la littérature anglosaxone) a des glandes qui produisent du nectar.
A noter, dans la zone 2 de mon schéma, qui est une zone de glisse pour le fond du piège, le présence de glandes spécifiques qui ne sont pas décrites dans la littérature.
Elle ne peuvent servir à la digestion, Je suppose qu'elle servent comme attraction supplémentaire par diffusion de substances attractives (simple hypothèse)

photos :
- une coupe au niveau du capuchon (c'est magnifique à voir au microscope, croyez moi !!!)
- le détail des glandes nectarifères

heliamphora coupe nectar_V9.jpg

 

heliamphora glande nectar 2_V9.jpg

 

 

 

 

 



4. La zone de glisse

 

C'est une zone avec une cuticule cireuse, et des poils hérissés vers le bas.
C'est dans cette zone que l'on a des glandes que l'on pourrait attribuer à l'attraction.

Photos :
- une photo des poils,
- une photo d'un poil avec une glande à la base,
- le détail d'une glande
 

heliamphora zone poil 2_V9.jpg

 

heliamphora poils 45_V9.jpg

 

heliamphora glandes attraction 3_V9.jpg



5. La digestion

 

Heliamphora est décrite comme une plante "pré-carnivore", ne disposant pas de production d'enzymes de digestion
dans le piège, les chercheurs ont trouvé la présence de bactéries vivant en symbiose et jouant se rôle pour l'assimilation des proies.

Seule une espèce (heliamphora tatei) est décrite par des chercheurs venuzuellien (publication Jaffre 1992) comme produisant des enzymes.
La présence de glandes digestives est par contre décrite. Ces glandes servent à l'assimilation.

Pourtant, nous avons mis en évidence deux sortes des glandes
- la première, unicellulaire et très simple (première photo) pourrait quand même émettre une enzyme (???)
- la seconde, plus complexe en forme de fuseau vue de dessus, servirait à l'assimilation

photos :

- la glande unicellulaire
- la glande pluricellulaire vue de dessus
- la glande pluricellulaire vue en coupe

 

heliamphora glande 5_V9.jpg

 

heliamphora glandes digestives 2_V9.jpg

 

heliamphora glandes digestives 1_V9.jpg

 

 

 



6. Bonus MikrOscOpia

 

Au fond du piège, tout au fond, des poils terribles

Là encore, quel spectacle !!!

 

Premier sans coloration, deuxième coloration fuschine

 

heliamphora coupe piège 4_V9.jpg

 

heliamphora coupe piège 5_V9.jpg

 


  • 0




N'oubliez pas de consulter notre Magazine en ligne ... MIK-MAG!