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Lichen Structure


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3 réponses à ce sujet

#1 Dominique.

Dominique.

    Invertébré

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  • PipPipPip
  • 355 messages

Posté 19 mars 2016 - 09:23

Structure des lichens

 

 

 

Prés de la  mare, derrière la maison, se trouve  un banc qui est en place depuis des années. Avec le temps, s’est  développée  une couverture de lichens.

 

lichen texte 1.jpg

 

Mais   comment  est  organisé  un lichen ?

N’y connaissant pas grand chose, je ne vous donnerai pas le nom de ce lichen. Mais il est possible de découvrir ensemble

l ‘anatomie de cette plante .

Vue de dessus :

lichen texte 2.jpg

 

A-     Thalle foliacé

B-     -Soredies

 

Vue du dessous :

lichen texte 3.jpg

 

A- Rhizine   ( enchevêtrement d’hyphes  qui ont un rôle dans la fixation du thalle sur  le substrat ) .

 

Première  constatation  les deux  faces  du thalle   n’ont  pas la même couleur : la face supérieure est de couleur  verte, indice  de la présence de chlorophylle  tandis que   la face inférieure est sombre  parsemée  de minuscules  « racines » .

 

Réalisation d’une coupe  épaisse  de la zone foliacée :

lichen texte 4.jpg

L’organisation de la plante  se fait de manière stratifiée  ( on parlera de structure Hétéromère stratifiée en opposition aux structures Homéomères où tous les éléments sont mélangés  comme dans le cas des symbioses d’un champignon  et de cyanobactéries ) .

A-       Cortex supérieur

B-       Couche algale

C-     -Couche médullaire ou Médulle

D-     -Cortex inférieur

E-      -Rhizine

 

Réalisation d’une coupe  fine  de 20µm

lichen texte 5.jpg

 

La couleur  verte du cortex supérieur est induite  par  la présence d’une multitude  de cellules de couleur verte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Au grossissement  x 1000:

 

lichen texte 6.jpg

 

Ces cellules sont des algues  unicellulaires de la famille des Chlorophycées  ( Chez 10 % des lichens  c’est  une cyanobactérie du genre Nostoc qui sera trouvée  ) – Un point curieux  les algues  semblent  être entourées  par une substance gélatineuse, ce fait avait déjà été noté  dans l’observation des algues développées sur la toile de la serre du jardin. http://forum.mikroscopia.com/topic/14782-chlorella/?hl=chlorelle#entry59505

 

Le reste du thalle  soit  90%  du lichen  est composé d ‘un  pseudo tissu  transparent. Son identification  est facile  une fois appliquée   la coloration au rouge Congo ..

 

lichen texte 7.jpg

 

 

L ‘image est celle  d’une prolifération  d’hyphes  d ‘origine  fungique .

Mais comment se reproduit cet organisme  symbiotique  ( symbiose dans le cas présent  entre une algue  photosymbiote   et un champignon mycosymbiote ) .

 

La multiplication se réalise de plusieurs  façons:

 

A -La plus  simple est la  fragmentation  et le  bouturage qui s ‘ en  suit, sous l’effet d’agents  extérieurs comme l’association de la sécheresse et la présence d’animaux et d ‘ insectes.

 

B – le développement  d' éléments  spécifiques sur le thalle que sont  les Sordies et les Isides .

Dans le  cas présent  sur la partie supérieure des zones  foliacées  on constate  une prolifération de petits  éléments arrondis : les Sorédies

lichen texte 8.jpg

et à plus fort grossissement

 

lichen texte 9.jpg

Ces sorédies sont des granules élaborés par le  thalle  et constitués d’hyphes  et d’algues. Ces granules permettent la dissémination des deux partenaires   du  symbiote.

 

Les algues n’ont  pas de  reproduction sexuée  dans le  cas des lichens, elles  se multiplient  par mitose. – ( reproduction végétative )
La reproduction des champignons  se fait

-Pour les Ascomycètes  dans  un ascome

-Pour les Basidiomycètes dans un bas idiome

 

 

Nous  sommes  au mois de mars  et je n ‘ ai trouvé ni l’une  ni l’autre des structures sur le  lichen   qui s’est développé  sur le vieux banc.

 

Pour ne pas bloquer l ‘observation  on se tourne  vers  un autre lichen  . Sur le sol  prés de la maison il y a de multiples plaques d’un lichen  jaune   .

lichen texte 10.jpg

Sur la face  supérieure  de ce lichen  il existe de nombreuses petites coupelles : les Apothécies  ( Il existe  une autre formation , chez certains lichens  qui a  le même rôle  les Perithéces mais  pas trouvées  ici ) .

 

Un regard  sur l’anatomie d une apothécie constate que la partie supérieure de  celle-ci est   de couleur  jaune   et que  sa face inférieure est de couleur verte   -il y a  donc  une inversion dans les  plans de la stratification.

 

 

 

 



lichen texte 11.jpg

 

Le disque  est entouré  d’un rebord dont la couleur est bien différente  de  celle  du disque. On parlera  de rebord Thallin  et l ‘ apothécie est dite lécanorine  - si le bord  est de même couleur  que le disque  on parlera  d’apothécie lécideine .

 

Coupe d ‘ une apothécie  - coloration au bleu  coton acide lactique.

 

 

lichen texte 12.jpg

A -  Epithécium .

B – Hymenium .

C – Hypothécium.

La  couche  supérieure  est appelée epithecium ; cette zone superficielle est souvent pigmentée. Elle correspond à la partie terminale  des paraphyses  qui sont des structures hyphales stériles .

En dessous  se trouve l’hyménium  qui est la partie fertile. Cette zone contient les asques  dans les lesquelles  se développent les spores.

lichen texte 13.jpg

et à plus fort grossissement :

lichen texte 14.jpg

Nous sommes en fin d hiver  le développement des asques est très peu avancé  et la plus part des asques  n’ont  que quelques spores .

En A  Asques  qui est un sac à simple paroi au sein duquel  se réalise  la   formation  des ascospores (  caryogamie ( union des noyaux   à polarité + /-- )   puis  méiose ) .

En B  Paraphyse  qui sont  des poils  stériles  qui  s’interposent entre les asques .

 

Les spores   une  fois  éjectées  des asques   sont transportées par le vent .
Si la zone  de fixation est  favorable  la spore  germe. La rencontre  avec une nouvelle algue  est soumise au  hasard  - la  formation d’un nouveau symbiote n’est donc  pas assuré dans ce cas .

 

                                                             Dominique

 

Référence

Guides des lichens de France  de C Van Haluwyn  et coll   Belin éditeur

 

 

 

 


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#2 Daniel Crabbé

Daniel Crabbé

    Procaryote

  • Membre confirmé
  • Pip
  • 193 messages

Posté 23 mars 2016 - 12:29

Bravo Dominique,

 

Tu as fait un bon tour d'horizon de la structure et de la vie des lichens.

Tes coupes sont supers. Comment les as-tu réalisées, particulièrement celle de l'apothécie ?

 

Si je peux rajouter quelque chose de mémoire (je n'ai pas vérifié dans la littérature récente), les algues du lichen sont capables de vivre hors de la symbiose alors que le champignon en est incapable. Or la reproduction sexuée est assurée par le champignon. Va-t'en comprendre !!! :)

 

Si les lichens et leur identification t'intéressent, voici un très bon ouvrage en téléchargement libre et achetable également pour une somme modique :

Les macrolichens de Belgique, du Luxembourg et du nord de la France de E. Sérusiaux​

http://orbi.ulg.ac.b...dle/2268/176719

 

Amicalement.

 

Daniel


  • 0

#3 Dominique.

Dominique.

    Invertébré

  • Membre actif.
  • PipPipPip
  • 355 messages

Posté 23 mars 2016 - 07:59

Bonsoir  Daniel

 

    Pour les coupes très fines  ,de structures  très petites , de l ‘ordre du mm et en dessous  il n’y a qu ‘un moyen     c ‘est d ‘utiliser un microtome  - ( je  dispose d’un engin hors d’age  mais  dont j’affûte les couteaux avec sérieux )

       --Faire un petit cube en  carton  de 1 à 2 cm de  côté

       --Couler la paraffine 

       --Et sans aucune préparation   de l’échantillon      placer  le fragment ,que tu désires couper   ,dans la paraffine .

    La paraffine,  étant à 56 °C,  n ‘abîme pas le fragment  végétal 

    Les végétaux  sont  ainsi faciles à  couper    du moins   pour des épaisseurs entre  15 et 20 µm   ce qui   est suffisant  pour une bonne observation.

 

   Par contre les tissus animaux nécessitent  la mise en route d’un long protocole .

 

 

 L ‘ algue et le champignon  vivent  chacun leur vie   dans le couple ;  ce couple n ‘est d’ ailleurs  pas  sans  conflit. Il  y a de nombreux exemples de  destruction de l’un par l autre ; dans- l’ensemble    c’est le champignon qui est l’agresseur  .

 

  Merci pour le lien .

 

          Amicalement

                                       Dominique


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#4 6le20

6le20

    Nucléotide

  • Membre confirmé
  • 11 messages

Posté 24 mars 2016 - 08:19

Bravo Dominique, beau sujet.

 

L'asco comme l'algue peuvent vivre indépendamment l'un de l'autre, ils prennent alors des formes différentes (et portent d'ailleurs souvent des noms d'espèces différents). Mais ils résistent mieux à deux, leur union leur permettant une plus grande valence écologique.

Ma réflexion sur le sujet me mène à penser que "l'infestation" du champignon par l'algue altère sa morphologie, mais les avantages qu'il en retire compense largement.


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