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Artefacts en microscopie;


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1 réponse à ce sujet

#1 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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  • 8 671 messages

Posté 23 juillet 2005 - 03:13

Bonjour le Forum, et Chris,

Excusez moi, re, re  j'aurais peut-être du poster dans "Principal"

Je me pose encore une autre question après comparaison avec la photo au MEB :
Ces "ornements" aux angles des secteurs (je ne sais pas comment les nommer autrement) sembles être des "vides" sur mes photos puisque l’on voit le fond à travers.
Ne serait-ce pas simplement des artefacts provenant de la jointure des secteurs avec la couronne extérieur ?
(je ne suis pas sûr que ma question soit bien claire …)
Si c'est le cas, comment un microscopiste peut appréhender ce genre de piège... ?
Je réalise que la connaissance de l'optique me manque énormément 

A+
Chris


Le sujet se trouve ICI


Excellente question (même si je ne la saisis pas entièrement) que tu poses là !

Pour la généralité, posons nous la question de l’artefact.
Mais qu’est-ce donc un artefact ?
Si l’on s’en tient à la définition étymologique, tout est simple
Artefact vient de art (ars dans le sens produit de l’ d’activité humaine) et fact (de la même origine que fabriquer).
Autrement dit tout objet fabriqué (mais pas uniquement par l’homme, les animaux étant capable de produire des artefacts) par opposition à un objet naturel est un artefact.
Mais la distinction entre le naturel et l’artificiel n’est pas aussi simple que cela !
Un robot peut produire des artefacts !
Cette distinction fait largement appel à notre culture ! En effet il est souvent très facile de faire la distinction, entre un élément mécanique très détérioré par le temps et que l’on n’a jamais vu auparavant et dont on ne connaît pas l’usage et un galet trouvé dans une rivière. Les choses se compliquent quand on veut étendre la notion d’artefact aux objets et aux formes que construit la Vie.
Cette excellente question a été évoquée pour la première fois pour un large public par Jacques Monod dans « le Hasard et la Nécessité » sous forme d’une expérience imaginaire. Comment feraient des Extra Terrestres (totalement différents de nous !) pour distinguer ce qui est artefact sur terre et ce qui ne l’est pas autrement dit s’il y a de la vie ou non. Et d’imaginer un programme (logiciel) impersonnel pour le faire.
Les choses se compliquent quand on à affaire à une photographie des mêmes objets. La photo constitue un instantané dans le temps mais aussi dans l’espace. Combien de personnes ne se sont pas reconnues sur certaines photos où en ont trouvé au contraire, certaines très avantageuses ?
Rappelez vous du jeu télévisé qui consistait à découvrir la nature d’un objet photographié à partir d’un tout petit détail agrandi ?
Nous nous retrouvons dans ce cas de figure, mais en tenant compte de tous les éléments précédents !

Je le dis souvent, l’observateur à l’énorme avantage sur le lecteur (des messages) de posséder l’original de l’objet qu’il a photographié et par là même d’expérimenter sur lui, d’en faire des préparations et surtout faire varier les moyens d’éclairage. Il est donc toujours plus simple et performant de se poser des questions pendant l’observation qu’à la vue du cliché (qui rappelons-le, si on se place sur le plan scientifique doit être le plus objectif possible).

Dans ce contexte où la pré connaissance du sujet est très importante, voire indispensable pour l’identification d’un objet ou une structure d’un objet, que faire ?. Le recoupement d’observations issues de méthodes différentes est la seule possibilité.
La microscopie électronique de part sa résolution supérieure est un bon moyen de validation, mais il ne faut pas oublier qu’elle est elle aussi (surtout en balayage) sujette à des erreurs dues à la métallisation, au bombardement à la déformation par le vide. A mon avis à échelle égale une vue microscopique photonique (et souvent macroscopique) est nettement supérieure à son équivalent en MEB surtout si celle-ci bénéficie du traitement en Z (voir les excellents travaux des spécialistes du sujet sur le Forum)
Mais la microscopie électronique n’échappe pas aux phénomènes de diffraction.
La diffraction peut faire apparaître des structures inexistantes surtout sur des sujets aux motifs répétitifs s’ils sont à la limite de résolution comme c’est le cas pour les diatomées.

Dans le cas particulier.
Qu’est ce qui te fait dire que l’on voit le fond à travers ?
Entre polariseurs croisés, ces «trous » apparaissent noirs, comme le fond, mais cela ne veut pas dire que l’on voit le fond, mais la figure centrale est aussi dans le même cas et sur la vue rapprochée du centre, on voit bien certains détails qui ne sont pas le fond vu par transparence.
Il aurait fallu faire aussi des gros plans sur ces trous.
Je ne pense pas que ta photo au MEB nous apporte grand-chose dans ce problème puisque on n’y voit pas ces zones . D’ailleurs la photo est assez mauvaise.
Je voudrais faire une parenthèse au sujet du MEB.
Certes le MEB parle davantage au public que d’autres méthodes d’observation car elle restitue une forte profondeur de champ, Mais nous n’observerons jamais avec le MEB que des surfaces, de plus métallisées. C’est comme si nous voulions étudier l’anatomie et donc avoir une idée du fonctionnement du corps humain en photographiant des individus recouverts de peinture métallisée, nous aurions des images de « robots » certes très impressionnantes, mais assez loin de la réalité et en tout cas insuffisantes pour expliquer la physiologie ou la pathologie.
En Science comme ailleurs, il y a des modes. L’usage du MEB ( souvent justifié ) fait partie de ces modes et comme son emploi est plus simple et qu’il coûte bien moins cher qu’un TEM ou un STEM on l’emploie parfois à tort.
Dans le cas précis l’emploi du microscope électronique à transmission nous aurait définitivement éclairé.
Alors artefact ou pas, je ne saurais le dire (a priori non) en tout cas ce ne sont pas les lois de l’optique géométrique (ou non) qui pourraient expliquer ces « lacunes ».
Une simple modification de la MAP pourrait nous en dire beaucoup plus car justement on explore la troisième dimension. Et puis on peut faire varier les angles d’éclairage…

Microscopiquement.
  • 0

#2 Jean-Marc Babalian

Jean-Marc Babalian

    Homo sapiens microscopicus

  • Membre confirmé
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  • 1 823 messages

Posté 23 juillet 2005 - 08:48

Bonsoir,

voilà un sujet extremement interessant et qui surfe entre limite de l'instrument, limite de l' oeil, et interpretation du cerveau.
Un exemple connu de beaucoup, et particulierment des astronomes sont les fameux canaux sur Mars observés il n' y a pas si longtemps que cela.
A+
J-M
  • 0




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