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Retour de l'espace


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16 réponses à ce sujet

#1 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 29 octobre 2008 - 02:57

Bonjour à tous,

Dans le dernier N° de S&V (1094) on parle brièvement du retour des Tardigrades envoyés dans l'espace en 2007 par un Soyouz.
Après 10 jours passés dans le vide spacial, certains ont survécu.
Cela n'en fait pas à mon avis des candidats à la théorie de la panspermie, mais dénote d'une grande tolérance à la deshydratation.

Cordialement.
  • 0

#2 olevoux

olevoux

    Invertébré

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Posté 29 octobre 2008 - 09:05

Bonjour Michel,

La résistance au vide spatial n'est pas que la résistance à la déshydratation,... mais aussi... au vide, au zéro quasi absolu, aux intenses rayonnement ultra violet et cosmiques,...

Ce qui pour moi soulève la question : pourquoi un processus évolutif terrestre aurait-il pris cette orientation ? Dans quel but ? C'est se fixer la barre bien haut... et si la fonction créé l'organe (ou plus généralement la faculté), de quelle fonction parle-t-on ?
Bref c'est passionnant !

Sinon cela me rappelle notre discussion sur les pluies rouges du Kérala,... mais c'est un autre sujet ! ;)

Amicalement
Olx
  • 0

#3 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 29 octobre 2008 - 10:24

Bonjour Olivier,

La résistance au vide spatial n'est pas que la résistance à la déshydratation,... mais aussi... au vide, au zéro quasi absolu, aux intenses rayonnement ultra violet et cosmiques,..

J'ai rédigé un peu vite le message mais tout en essayant d'être aussi précis que possible.
Je ne connais pas le vide spatial, mais je connais assez bien le vide (microscopie électronique)
En fait dans le vide, un organisme se déshydrate . Le deuxième phénomène important est la formation de glace . La glace forme des cristaux et ces cristaux endommagent les cellules. Un organisme qui est capable de supporter le gel grâce à des substances antigel est capable de survivre à un début de gel et un début de déshydratation, mais comme les risques de gel diminuent avec la déshydratation la mise sous vide combine les deux phénomènes en diminuant leur nocivité pour la cellule. Tout le problème pour nos tardigrades spatiaux est de savoir dans quelles conditions ils ont été soumis au vide.

Le dernier danger que doit affronter un organisme soumis au vide spatial est la présence des rayonnements de plusieurs natures. Dans l'expérience on a étudié les UV . Malheureusement les UV on tué tous les tardigrades qui n'étaient pas protégés contre eux et certains de ceux exposés aux UVB (20 %) ont survécus. Donc 80 % sont morts en 10 jours, La survie dépend donc des doses et de l'énergie des radiations et de leur durée. Si l'on considère que l'expérience n'a duré que 10 jours les résultats ne sont pas optimistes sur une survie pendant des milliers d'années d'un voyage interstellaire et encore on ne tient pas compte des autres types de rayonnements plus durs (vents stellaires, rayons cosmiques , bouffées gamma et autres joyeusetés) Ce qui me pose le plus problème est l'arrachage au biotope originel. Il ne peut s'être produit que lors d'une « catastrophe » cosmique bien plus traumatisante qu'un voyage en apesanteur à moins qu'on admette qu'ils aient pris la navette de service ... L'atterrissage me pose également des problèmes.

pourquoi un processus évolutif terrestre aurait-il pris cette orientation ?

Personnellement je ne vois aucun processus d'évolution chez les tardigrades visant la conquête spatiale. J'y vois plutôt une adaptation au climat terrestre des plus banals. Un organisme capable de survivre au gel peut en même temps résister au vide. (D'après moi!) Je ne vois pas comment un organisme vivant pourrait s'adapter après une longue évolution s'il n'est pas régulièrement confronté au vide ! On ne peut s'adapter qu'à un phénomène auquel on est soumis. Comme on ne peut pas vivre dans le vide il faudrait admettre que cette adaptation évolution se serait produite après de nombreuses transitions entre un monde vivable et le vide. Je ne vois pas bien quel genre de monde peut permettre cette adaptation. S'adapter ou pas si les conditions sont trop rudes.

Dans quel but ?

Il n'y a de but que si l'on admet que cette évolution a bien eue lieu. Le but serait donc de survivre au vide mais pas nécessairement de voyager dans le vide, ce serait encore un autre problème.

Comme tu dis c'est très intéressant et c'est bien pour cela que certains scientifiques s'y intéressent. Et que je ne rejette aucune hypothèse.

Amitiés.
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#4 Claude Brezisky

Claude Brezisky

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Posté 01 novembre 2008 - 05:11

Bonsoir,

Les tardigrades sont ma passion microscopiques, ceux sont des animaux à qui ont pretes des propriétés extraordinaires et elles le sont dans certaines circonstances naturelles.
Sous certaines formes (oeufs, enkystement) ils sont trés résistant et peuvent résiter à des conditions trés sévères, mais dans leur forme de vie normale ils sont fragiles, ils ont besoin de s'alimenter et ils ne peuvent pas cicatriser leur blessures, pour moi, il est donc impossible qu'il résiste à l'espace dans cet état de vie.
Amicalement
Claude
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#5 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 01 novembre 2008 - 08:51

Bonjour Claude et tous,

ils ne peuvent pas cicatriser leur blessures


Je ne connaissais pas cette intéréssznte particularité des tardigrades (ce n'est pas d'ailleurs la seule chose que j'ignore ). Cela change pas mal de chose quant à leur capacité de survie dans des circonstances catastrophiques.
As-tu des informations sur cette carence ? Est-ce une particularité des tardigrades ou bien la partagent-ils avec d'autres animaux comme les arthropodes?

Cordialement
  • 0

#6 Gérard Weiss

Gérard Weiss

    Invertébré

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Posté 01 novembre 2008 - 09:44

Bonsoir à tous,

La résistance au vide spatial n'est pas que la résistance à la déshydratation,... mais aussi... au vide, au zéro quasi absolu, aux intenses rayonnement ultra violet et cosmiques,..


Au sujet de la température du tardigrade

A 63 berges mes cours de physique sont bien loins, mais il me semble que le vide n'est ni chaud ni froid. En effet, la température n'est rien de plus que l'expression de l'agitation atomique et moléculaire (cas des liquides et des gaz) de la matière. Pas de matière dans le vide, donc pas de température !
(Je me souviens d'une courbe dans un livre de météorologie donnant la température de l'atmosphère terrestre en fonction de l'altitude. En partant du sol, la température de l'air décroît à raison de 8°C par kilomètre puisqu'il est de moins en moins soumis au rayonnement infrarouge du sol. Puis, à partir d'une altitude de 15 à 20km, cette température remonte sous l'effet du rayonnement solaire, ionisant je crois, pour atteindre des températures très élevées. Mais cet air très chaud ne brûle pas car il est très raréfié, la quantité d'énergie thermique accumulée dans une unité de volume étant par conséquent très faible.)

Et notre petit tardigrade dans tout ça ? Placé dans le vide, il se passe deux choses en terme d'échanges thermiques.

D'abord, il rayonne de l'énergie tant que sa température est supérieure au zéro absolu. Il tend donc à se refroidir progressivement.

Mais il peut aussi recevoir de l'énergie par le rayonnement solaire et/ou par le rayonnement thermique des parois du récipient le contenant, et il tendrait donc à se réchauffer.

Par conséquent, on ne peux pas dire si le tardigrade se refroidit ou se réchauffe dans le vide. Ca dépend des conditions dans lesquelles il est placé.


Au sujet de la déshydratation du tardigrade et de son éventuelle "congélation"

Le tardigrade se déshydrate lorsque les molécules d'eau s'échappant de son corps sous l'effet de l'agitation thermique ne sont pas remplacées par d'autres molécules d'eau venant de l'extérieur : air trop sec ou vide. (Je ne pense pas que le tardigrade dans le vide ait une masse suffisante pour retenir par gravité son eau comme cela se passe avec une comète.)

Par conséquent, la congélation pourrait avoir lieu si le refroidissement va plus vite que la déshydratation.

Plus vraisemblablement dans le cas contraire, c'est à dire si la déshydratation va plus vite que le refroidissement, les molécules d'eau se raréfient dans le corps du tardigrade et elles ne pourront plus former de gros cristaux de glace susceptibles de le léser. De plus, les petits cristaux qui auraient pu se former tendront à se résorber par sublimation.


En conclusion, je ne vois pas pourquoi un tardigrade ne pourrait pas se déshydrater dans le vide et revenir ensuite à la vie dans des conditions plus favorables tant que la dépressurisation ne l'a pas fait éclater et qu'il n'est pas soumis à des rayonnements destructeurs. Mais il y a peut-être d'autres causes à sa destruction que je n'ai pas envisagées...

Bien amicalement,
Gérard
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#7 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 02 novembre 2008 - 06:46

Bonjour à tous, bonjour Gérard,

Entièrement d'accord avec toi sur la partie physique. Pour les répercutions du vide spacial sur les organismes vivants, c'est vraissemlablement plus complexe.
Sur la « température du vide », je ne pense pas que l'on ait dit le contraire et merci quand même de le préciser, on peut résumer rapidement comme ceci: le vide est le meilleur des isolants !
Sans aller dans la très haute atmosphère ou dans la colonne des microscopes électroniques, le meilleur exemple est la bouteille thermos.(Vase de Dewar) Bon le vide n'y est pas terrible et il y a des ponts thermiques, mais le résultat est très démonstratif.
Sur le vide de l'espace, on sait très bien (surtout ceux qui ont vécu en live la conquête de l'espace) que c'est du fait de l'isolement provoqué par le vide que les corps soumis au rayonnement solaire (c'est à dire éclairés par le soleil comme nous sur la plage) sont très chauds du côté éclairé et très froids du côté dans l'ombre. (en gros +120 °C -180 °C ) C'est pour cela que les satellites tournent sur eux mêmes.

Pour la partie déshydratation et les stratégies de survie des tardigrades, c'est certainement plus complexe. C'est certainement pour cela que les scientifiques qui n'ont pas tout expliqué envoient des tardigrades dans l'espace. J'ai lu que les tardigrades provoquent une auto déshydratation en remplaçant l'eau éliminée par un « antigel » . Ce phénomène est une réponse biologique adaptée à notre bon vieux froid terrestre, mais qu'en est-il si au lieu du froid on soumet le tardigrade au vide de l'espace qui peut d'une part participer à la déshydratation et en plus qui comprend un volet « grand froid »? Questions éminemment scientifique mais qui de part son caractère exotique ne peut empêcher de se poser d'autres questions .

Amitiés.
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#8 Gérard Weiss

Gérard Weiss

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Posté 02 novembre 2008 - 11:49

Bonjour à tous, bonjour Michel,

Pour les répercutions du vide spatial sur les organismes vivants, c'est vraisemblablement plus complexe.

Bien évidemment. J'essaie simplement d'identifier les différents phénomènes susceptibles d'intervenir, de comprendre comment ils agissent, de voir quels sont leurs effets et ensuite de simuler ce qui se qui pourrait se passer lorsqu'ils se combinent. Autrement, je suis paumé ! :blink:

Bien amicalement,
Gérard
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#9 Michel

Michel

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Posté 02 novembre 2008 - 12:10

Ce n'est pas un reproche Gérard, nous nous posons tous des questions.

Petit supplément.

D'autres exemples existent de résistance à des conditions de vie extrêmes. Par exemple les « œufs » d'artemia qui peuvent passer sans dommages de l'au bouillante à l'azote liquide comme on peut le voir dans cet excellent film « Mort à temps partiel » En fait ces "oeufs" contiennent déjà des nauplies toutes formées.

Amitiés.
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#10 Claude Brezisky

Claude Brezisky

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Posté 03 novembre 2008 - 04:14

Bonjour,

En conclusion, je ne vois pas pourquoi un tardigrade ne pourrait pas se déshydrater dans le vide et revenir ensuite à la vie dans des conditions plus favorables tant que la dépressurisation ne l'a pas fait éclater et qu'il n'est pas soumis à des rayonnements destructeurs. Mais il y a peut-être d'autres causes à sa destruction que je n'ai pas envisagées...


Les tardigrades ne peuvent pas vivre sans oxygène, l'échange gazeux se fait à travers l'enveloppe cutilaire car ils n'ont pas d'appareil respiratoire, et par manque d'oxygène ils passent de l'état de vie normale à l'état asphyxique qui ne peut être que temporaire après un temps variable selon les espèces (quelques heures à maximum 5 jours) ils meurent, le vide, qu'ils soit spatial ou de laboratoire, leur est donc interdit.
Voilà Gérard quelques éléments pour tes conclusions qu'il faut que tu revoies.

J'ai lu que les tardigrades provoquent une auto déshydratation en remplaçant l'eau éliminée par un « antigel » .


Malgré la quantité d'ouvrage scientifique ancien et récent que j'ai étudié, je n'ai jamais vu d'hypothèse sur la fabrication d'antigel lors du passage de la vie normale à l'enkystement et à la cryptobiose qui sont des réactions pour résister tant au froid rigoureux qu'à la sécheresse et à la grosse chaleur.

J'ai bientôt fini l'aménagement de mon labo et je compte bien faire ces expériences de façon la plus précise possible avec mon matériel d'amateur.

Il faut que je retrouve, mais de mémoire R.M MAY dit que quelque temps après l'enkystement, une fois l'enveloppe enlevé il ne reste qu'une masse amorphe sans pattes ni griffes ni stylets ni bulbe.

Voilà de quoi réfléchir mes amis.

D'autres animaux tels que les rotifères et les vers nématodes qui vivent aussi dans les mêmes milieux ont des propriétés extraordinaires approchantes.

Cordialement

Claude
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#11 Michel

Michel

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Posté 03 novembre 2008 - 04:48

Bonjour Claude et tous,


Malgré la quantité d'ouvrage scientifique ancien et récent que j'ai étudié, je n'ai jamais vu d'hypothèse sur la fabrication d'antigel lors du passage de la vie normale à l'enkystement et à la cryptobiose

Excuses-moi si j'ai parlé d'antigel, mais c'est un terme que l'on emploie souvent pour désigner des substances qui empêchent la formation de cristaux de glace ou les rendent inoffensifs et aident à la survie des cellules.

http://fr.wikipedia....wiki/Tardigrada

"Pour entrer en cryptobiose, les Tardigrades rétractent leurs 8 pattes dans leur corps et déshydratent presque complètement leur organisme (perte de plus de 99% de leur eau), remplaçant l'eau à l'intérieur de leurs cellules par un sucre qu'ils synthétisent. Ces sucres se comportent comme une sorte d'antigel et préservent les structures cellulaires. Pour compléter la protection, ils s'enroulent dans une petite boule de cire microscopique appelée tonnelet (forme ressemblant à un petit tonneau). Lors du retour à des conditions dites « normales », l'ourson des eaux redevient actif en quelques minutes ou quelques heures."
Pour l'oxygène , si vous avez vu le film, il semblerait que les « crevettes primitives », arrivent à ne plus consommer d'oxygène ce qui correspond à un état de mort !

Entonnant non ?

Amitiés.
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#12 Gérard Weiss

Gérard Weiss

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Posté 03 novembre 2008 - 09:56

Bonsoir à tous, Claude,

Les tardigrades ne peuvent pas vivre sans oxygène, l'échange gazeux se fait à travers l'enveloppe cutilaire car ils n'ont pas d'appareil respiratoire, et par manque d'oxygène ils passent de l'état de vie normale à l'état asphyxique qui ne peut être que temporaire après un temps variable selon les espèces (quelques heures à maximum 5 jours) ils meurent, le vide, qu'ils soit spatial ou de laboratoire, leur est donc interdit.
Voilà Gérard quelques éléments pour tes conclusions qu'il faut que tu revoies.

Merci d'éclairer ma lanterne. Je n'avais rien conclu en fait, j'essayais seulement d'examiner plutôt en physicien les conséquences des phénomènes agissant sur le tardigrade, en l'occurrence la déshydratation et la congélation dans l'air et dans le vide, ceci sans préjuger d'autres éléments susceptibles d'intervenir. Je dois comprendre d'après ton propos que le tardigrade ne peut disons "survivre" durablement sans oxygène même à l'état déshydraté. Est-ce bien ça ? Dans ce cas, la conclusion s'impose évidemment...

Question naïve du non biologiste que je suis : qu'en est-il des bactéries ?

Bien amicalement,
Gérard
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#13 Michel

Michel

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Posté 04 novembre 2008 - 10:40

Bonjour Gérard, et tous,


Je dois comprendre d'après ton propos que le tardigrade ne peut disons "survivre" durablement sans oxygène même à l'état déshydraté. Est-ce bien ça ? Dans ce cas, la conclusion s'impose évidemment...

Question naïve du non biologiste que je suis : qu'en est-il des bactéries ?

Gérard et Claude, pardonnez-moi si je réponds alors que la question de Gérard est adressée à Claude, mais cela me démange trop.

Comme tu te places Gérard sur le plan du physicien, il faut aussi insister sur l'acpect biologie de la question et avant tout définir ce qu'est la Vie.

Disons d'abord que l'on ne connait pas tout de la vie primitive, c'est à dire dans ces premières manifestations mais supposons qu'elle devait être à la limite entre le monde inanimé et la vie telle qu'on la connait maintenant à moins que l'on admette qu'elle soit apparue grâce à l'action d'un « Être Supérieur »,( mais cela est un autre débat.)
Donc dans notre raisonnement concernant les Tardigrades, nous aurons à faire à ce que l'on peut appeler une vie évoluée.
Dans ce cas là, la définition de la vie est beaucoup plus simple que dans le cas d'une vie primitive.

Nous pouvons (dans ce cas de figure) considérer un organisme vivant (c'est à dire en état de Vie) comme une machine complexe fonctionnant comme un ordinateur muni d'interfaces et de moyens mécaniques d'action.
Nous avons donc au départ un programme stocké dans des structures chimiques auto-réplicantes qui donne toute la marche à suivre pour qu'il fonctionne c'est à dire se déplace et mette en œuvre des mouvements pour qu'il se nourrisse, se défende , éventuellement communique avec d'autres congénères et se reproduise identique à lui même.
Disons que pour qu'il y ait vie, à ce niveau, il faut qu'il y ait des déplacements et des combinaisons de molécules, programmés.
Pour simplifier encore, et coller au maximum à une vision physique ou thermodynamique il faut pour qu'il y ait vie : du travail programmé. Et donc, qui dit travail, dit énergie et mouvement.
On ne parlera pas ici d' une autre source d'énergie qui n'existe que dans le monde végétal, c'est l'énergie du photo (photosynthèse) mais bien sûr HS ici.

La consommation d'oxygène est ici un indice de Vie, puis qu'il entre dans des réactions chimiques justement destinées à produire le travail programmé dont on a parlé. Ce sont des réactions d'oxydoréduction qui sont à la base de cette énergie.

En ce qui concerne nos Tardigrades, il s'agit donc avec la consommation d'oxygène d'un signe de Vie.

Toutefois, il existe un autre mode de fonctionnement de la Vie qui peut se passer d'oxygène, anaérobiose stricte mais qui ne concerne pas les Tardigrades.

Ce qui nous intéresse ici, avec l'hypothèse d'une survie dans le vide spatial, c'est un état particulier qui n'est pas la Vie active, et qui n'est pas la mort non plus, mais un état de vie ralentie ou stoppée. Dans ces deux cas, la consommation d'oxygène est théoriquement très faible (peut-être non mesurable) ou nulle.
Une autre possibilité à envisager et qui ne fait pas appel à l'oxygène est l'anaérobiose facultative.

Donc pour résumer, deux modes de fonctionnement énergétique de la Vie ,
- l'anaérobiose stricte qui ne concerne pas les Tardigrades, mais uniquement certaines bactéries primitives.
- l'aérobiose et l'anaérobiose facultative qui concernent les Tardigrades.


Il faut que je vous signale en marge de ces deux modes de fonctionnement incontournables, un mode d'adaptation de la vie qui est un mélange des deux.

Certains organismes « extrémophile » n'utilisent pas d'oxygène bien qu'ils soient aérobies, et trouvent leur énergie en consommant des bactéries anaérobies. C'est le cas des habitants des grottes de Movilé en Roumanie qui sont privés à la fois d'énergie lumineuse et d'oxygène.
Un autre cas se présente au fond des océans où il n'y a ni lumière ni oxygène mais où une vie luxuriante se développe près des « Fumeurs Noirs » mais l'énergie est apportée par la géothermie et le souffre.

Ces dernières décennies, des découvertes capitales (Movilé, Fumeurs Noirs) ont révolutionné nos connaissance sur les possibilités d'adaptation de la vie, et il est donc tout à fait logique que les scientifiques se préoccupent aussi du vide spatial.

Pour revenir à nos Tardigrades et leur état de « vie stoppée » il est évident que pour ralentir la vie pour qu'elle ne consomme plus ou très peu d'énergie, il faut figer les réactions chimiques et la deshydratation en est le meilleur moyen. Le froid intense de l'espace peut contribuer également à la réduction drastique de la consommation d'oxygène puis qu'il ralentit ou stoppe les réactions chimiques.

Reste alors une dernière question !

Une structure vivante qui a réussi à ralentir suffisamment son métabolisme grâce à la déshydratation et au froid doit en plus conserver son intégrité   physique et biologique pour avoir des chances de « repartir » quand les conditions lui seront plus favorables. Or ces structures sont très vulnérables car elles sont soumises à de nombreuses agressions extérieures sous forme de rayonnements ionisants.

Pour moi, ce n'est pas tant la possibilité de la Vie de se ralentir suffisamment pour résister à la durée d'un grand voyage interplanétaire* mas sa capacité à résister aux rayonnements qui me pose problème dans la théorie de la panspermie.

Pour les bactéries, il y en a des deux sortes. Aérobies et anaérobies.

Amitiés.

* Pour les voyages inter sidéraux et encore moins inter-galactiques, même pas la peine d'y penser !
A moins que, comme pour les « voyageurs clandestins » accrochés aux coques des bateaux, nos tardigrades aient été emportés dans les soutes de véhicules extraterrestres! On entre alors dans une autre dimension non prévue dans MikrOscOpia!
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#14 Claude Brezisky

Claude Brezisky

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Posté 04 novembre 2008 - 05:00

Bonsoir à tous,

J'ai voulu répondre hier, mais ma réponse a été perdue car j'ai dut faire une mauvaise manipulation, entre temps les messages se sont succédés, je vais donc reprendre le message de Michel sur Wikipédia et le suivant de Gérard.

remplaçant l'eau à l'intérieur de leurs cellules par un sucre qu'ils synthétisent. Ces sucres se comportent comme une sorte d'antigel et préservent les structures cellulaires. Pour compléter la protection, ils s'enroulent dans une petite boule de cire microscopique appelée tonnelet (forme ressemblant à un petit tonneau).


1 --> Par apport aux connaissances actuelles et à toutes mes lectures des spécialistes français actuels que je suivre sur ce sujet, je n'ai jamais entendu parler de sucre dans un tardigrade et cela à n'importe quel stade.
2 --> Lorsqu'on observe l'enkystement d'un tardigrade, on voit parfaitement la cuticule se rétracter et le tardigrade devenir un petit tonnelet en quelques minutes, l'enveloppe extérieure est donc la cuticule et pas de la cire.

Les tardigrades ont un corps segmenté en quatre protégé par une cuticule et sont dotés de huit petites pattes terminées chacune par une griffe

Les tardigrades sont classés en 2 familles:

1 --> les tardigrades nus avec une cuticule lisse ou recouverte de perles ou granulée ou encore avec des gibbosités disposées en bandes transversales, les griffes sont alors 2 diplogriffes (griffes composés de 2 griffes soudées) par patte. La famille est: Macrobiotidae

2-->les tardigrades cuirassés avec une cuticule composée de plusieurs plaques dont le nombre est variable selon l'espèce et qui servent en majeure partie à la détermination, les griffes sont alors au nombre de 4 par patte. La famille est: Echiniscus.

Les larves fraîchement pondues peuvent être plus petites que 0,05 millimètre. Les femelles peuvent pondre de 1 à 30 larves à la fois.


Aucun tardigrade n'est vivipare ils pondent tous des œufs en simplifiant:

1-->Les Macrobiotidaes pondent des œufs isolément avec une ornementation caractérisant l'espèce.

2--> Les Echiniscus pondent des œufs dans leur exuvie en quantité variable dont j'ai d'ailleurs vue de belles photos sur notre site.

Je dois comprendre d'après ton propos que le tardigrade ne peut disons "survivre" durablement sans oxygène même à l'état déshydraté. Est-ce bien ça ? Dans ce cas, la conclusion s'impose évidemment...


Je n'aime pas l'expression d'état déshydraté car pour le moment les scientifiques ne savent pas si l'eau est en totalité éliminée ou si une infime quantité reste à l'intérieur du kyste, par contre les kystes résistent à des conditions extrêmes sans destruction ( Azote liquide, hydrogene et helium pur en gaz etc...) et la "reviviscence" (ce terme est contesté encore actuellement) constatée après les expériences.

D'autres animaux ont des propriétés extraordinaires comme les rotiferes, les nématodes, les collemboles qui ont le meme habitat.

Amitiés à tous

Claude
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#15 Michel

Michel

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Posté 04 novembre 2008 - 06:16

Bonjour Claude,

1 --> Par apport aux connaissances actuelles et à toutes mes lectures des spécialistes français actuels que je suivre sur ce sujet, je n'ai jamais entendu parler de sucre dans un tardigrade et cela à n'importe quel stade.

Je sais que Wilkipeaedia a des grosses lacunes, j'ai essayé de modifier un article sur la microscopie et je me suis heurté à un certain protectionnisme et j'ai renoncé.

Cependant plusieurs sources parlent de tréhalose (qui est un sucre) servant d'antigel chez le Tardigrade.

Sur le Net il y a de très nombreuses recopies d'informations non vérifiées ce qui fait qu'il faut parfois chercher longtemps pour être sur de ce que l'on annonce.
Pour ma part, je n'ai pas lu l'article, mais il semblerait que l'information provienne d'un article du Lancet, revue rarement prise en défaut car contrôlée par un comité de lecture. Je pense également les expériences faites dans l'espace, doivent se retrouver sur un des sites de la NASA.

Pour le reste, anatomie, systématique je te fais entièrement confiance et je crois que Wiki est encore une fois bien que ce soit assez rare, prise en faute.

Amitiés.
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#16 Gérard Weiss

Gérard Weiss

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Posté 05 novembre 2008 - 10:56

Bonsoir Michel et Claude,

Je vous remercie de la peine que vous avez prise pour répondre à mes interrogations. Je comprends maintenant que que le comportement du tardigrade soumis à la déshydratation, voire aux basses températures, ne se résume pas à quelques lois de la physique. C'est beaucoup plus compliqué et le petit animal apparait capable de réactions d'adaptation auxquelles je ne pensais pas, à la condition qu'on lui en laisse le temps bien sûr...

Bien amicalement,
Gérard
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#17 adn25fr

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    Purgatorius

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Posté 06 novembre 2008 - 07:26

Bonjour à tous,
les capacités des tardigrades m'ont toujours étonné, mais je laisse la discussion aux spécialistes.
Parfois des observations bousculent nos conceptions comme la découverte des bactéries des sources thermales océaniques il y a quelques années et donc la capacité à supporter les hautes températures par du vivant.
L'observation de substances antigel dans le monde vivant a été étayée à ma connaissance pour des poissons arctiques et des batraciens en hivernage...

Je réagis juste en dérivant du sujet initial pour donner un avis sur Wkipedia qui me semble globalement aussi fiable que d'autres encyclopédies malgré son fonctionnement différent. En tout cas, il est facile d''en modifier les articles et de voir sa version conservée si elle s'avère étayée par des références externes solides et convainc donc les autres auteurs.
Il est vrai que sur des sujets en débats, la stabilisation du texte peut être longue...
Mais cela ne doit pas empècher ceux qui ont le temps et l'envie, de participer à ce travail collectif intéressant.

Cordialement
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