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cilié - hypotriche - à déterminer


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2 réponses à ce sujet

#1 patrice dx

patrice dx

    Batracien

  • Membre Modérateur
  • 519 messages

Posté 13 février 2010 - 12:41

Bonjour,

Voici un cilié hypotriche que je n'arrive pas à déterminer. Sa longueur est d'environ 100 microns, il se caractérise par une forme ovoïde avec une protubérance assez marquée. Il est incurvé et la partie ventrale présente une sorte de sillon. Contrairement à beaucoup d'hypotriche, je ne discerne pas de zone membranaire adorale (AZM) nette (sauf peut être une très fine membrane ou cils, et deux gros cirres isolés au centre) ni de cirres frontaux.

Par contre les bords épaissis comportent d'une part une rangée latérale de cirres au nombre de 10 environs s'incurvant et d'autre coté par une série de 2 + 6 cirres épais. Quelques cirres ventraux sont visibles. Sur les côtés plusieurs vacuoles avec des inclusions brunatres, et au centre, ce qui me parait, à contraste de phase, être un macronucléus ovale.

La nage libre est erratique, l'animal se tournant sur lui-même, mais dès qu'il approche des débris, il "broute" efficacement ce qu'il peut trouver. Les cirres sont ventraux et ont une fonction motrice (comme chez les Euplotes) Je pense que son alimentation est surtout constituée de bactéries ou de particules de petites taille.

J'ai observé 3 spécimens.

deux dessins d'observation

cilie6-hypotriche.jpg

cilie6-hypotriche-b.jpg

webcam

vlc-hypotriche-00158.jpg

le spécimen ci-dessous commence s'immobiliser à la suite de l'évaporation progressive de l'eau.

vlc-hypotriche-00183.jpg

Modifié par patrice dx, 13 février 2010 - 12:45 .

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#2 pujante

pujante

    Eucaryote

  • Membre confirmé
  • PipPip
  • 221 messages

Posté 13 février 2010 - 06:51

Je pense que ce sera mai Aspidisca
Aspidisca hyalina?
  • 0

#3 patrice dx

patrice dx

    Batracien

  • Membre Modérateur
  • 519 messages

Posté 14 février 2010 - 12:38

un aspidisca ??? j'y avais pensé, comme j'ai pensé aussi à Psilotricha sp., mais personnellement je doute. Les aspidisca se reconnaissent facilement. Généralement de plus petites taille (50 microns, bien qu'il y a des espèces plus grandes), ils sont arrondis avec, chez certaines espèces, une sorte d'épine dorsale...Il y a aussi, dorsalement, souvent des sillons parallèles. leurs cirres sont très gros, on en distingue deux groupes : 5 cirres caudales, parallèles et 7 cirres ventraux, situées à la partie antérieure, très épais, coniques... vois sur le site web "micro*scope* : lien ici : aspidisca.

Psilotricha sp. est décrit comme ressemblant aux Euplotes mais avec une structure ciliaire particulières (cirres peu nombreux) mais il y a un AZM bien visible... voir par exemple cette étude (un document pdf ) sur P. acuminata et l'illustration de STEIN mais cela reste peu probant et j'aurais alors fort mal interprété l'AZM dans mon dessin.

Plus généralement, il faut bien se rendre compte qu'il est très difficile, voire souvent impossible, de déterminer avec certitude une espèce de cilié hypotriche par un examen sur l'animal vivant. Si la morphologie générale, le comportement, la ciliature visible, la présence, nombre et forme des macronuclei permet d'écarter un certain nombre d'hypothèse, il faut considérer que la détermination précise requiert un examen précis de la ciliature qui ne peut se faire que sur des specimens fixés et colorés (à l'imprégnation argentique), qui révèle de façon précise la racine de chaque cil ou cirre. La détermination fine repose sur un examen soigneux de la disposition et du nombre de ces cirres, qui sont souvent peu discernables sur l'animal vivant (souvent opaque et fort agité !)

... mais il y a plus.

Je suggère par exemple de consulter sur google book, les extraits de "Ciliés libres de l'Afrique intertropicale: introduction à la connaissance et ...
Par Jean Dragesco,Armelle Dragesco-Kernéis,Ghislaine Fryd-Versavel", Ce remarquable ouvrage (épuisé sur Amazone mais disponible dans plusieurs grandes bibliothèques spécialisées en France) est une introduction à la biologie des ciliés (même si la faune décrite est celle d'Afrique intertropicale - encore que nombre d'espèces sont cosmopolites - l'ouvrage commence par une introduction générale qui est nous est fort utile) et il parle en pp 66-67 du problème de l'espèce chez les ciliés.

Pour résumer ce qu'il dit : La systématique des protozoaires repose sur des études menée au début du siècle dernier sur les specimens vivants (notemment par Stein, Kahl etc... bref les ouvrages en anglais ou allemand que nous trouvons sur internet en accès libre parce qu'ils sont tombés dans le domaine public, souvent sur le site www.archive.org) mais antérieure à l'application de techniques plus récente de fixation par imprégnation argentique.

Celle-ci a amené souvent à une révision de la systématique et à différencier ou reclasser des espèces autrefois confondues. Les études de phylogénétique, qui s'appuye sur l'examen du matériel génétique, change plus récemment encore la donne : on a constaté que plusieurs espèces décrites sont génétiquement multiples : on a donc plusieurs espèces génétiquement différentes mais morphologiquement semblables, des "espèces jumelles"... pour couronner le tout, on a aussi constaté qu'une même espèce (soigneusement isolée et cultivée in vitro) peut présenter des variations morphologiques (notamment de la ciliature) dépassant en amplitude les variations considérées comme des critères déterminant, au sein d'un genre, des espèces... En conclusion, Dragesco n'écarte pas, pour des raisons pratiques, la systématique classique (linnéenne), qui reste pertinente pour un relevé de la faune en vue d'une étude écologique, mais considère qu'elle décrit plus des types morphologiques qu'elle ne représente des catégories spécistes au sens strict.

En ce qui me concerne, en tant qu'amateur non spécialiste, j'essaye d'identifier (par comparaison avec les dessins de Kahl, de Stein, les microphotos de Protist information serveur et, les références existantes dans notre forum ou les articles publiés sur microscopia) les specimens que j'observe mais ces identifications - que je préfère limiter au genre - sont rarement possibles, surtout pour les hypotriches qui sont particulièrement complexes, et sont en tout cas à considérer avec prudence, étant donné la marge d'incertitude qui resulte de mes moyens d'observation limités.

cordialement,
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