Aller au contenu


***** Bienvenue dans le forum MikrOscOpia ! *****
Photo
- - - - -

Cochenille - Hemiptera - Coccidae


  • Veuillez vous connecter pour répondre
3 réponses à ce sujet

#1 patrice dx

patrice dx

    Batracien

  • Membre Modérateur
  • 519 messages

Posté 03 juin 2010 - 12:15

Quelques cochenilles se sont installés sur un de nos Phalaenopsis. L'observation au microscope stereoscopique m'a permis d'identifier le parasite comme un coccidae et d'isoler quelques nymphes et jeunes femelles.

Coccus hesperidum L. est signalé sur le web comme un parasite possible des Phalaenopsis, comme d'autres plantes d'intérieur. On peut trouver des illustrations de la femelle adulte, fixée sur son hôte, tout à fait similaire aux specimens observés. Cependant l'identification spécifique repose sur un examen détaillé de la femelle, des nymphes et des males s'il y en a...

L'adulte se présente à l'oeil nu comme un petit dome ovoide de 1 mm ou un peu plus de longueur. La couleur est brune, tachetée. La carapace cireuse s'épaissit sans pour autant devenir une coque rigide. A maturité, elle pond des oeufs qui éclosent en nymphes d'abord dissimulées sous la mère mais qui deviennent ensuite rapidement autonomes, rampant à la recherche d'un point favorable à la "sédentarisation". L'insecte hémiptère perfore la feuille à l'aide de son rostre et se nourrit de sève, affaiblissant la plante si ces cochenilles sont nombreuses.

J'ai pu isoler quelques specimens à diverses stade de croissance - nymphe et jeune adulte et les monter en préparation semi-permanente (milieu : glycérine + alcool 70%, lamelle lutée au vernis)

photos au microwebcam

1. 2 nymphes, obj 10x - champ clair

vlc-0510-00073.jpg

on discerne les pattes et la paire d'antennes. Deux ocelles sont visibles près des antennes sur les bords latéraux a noter l'échancrure de l'abdomen et les deux appendices caudaux filamenteux.

2. un individu à un stade un peu plus avancé obj. 10x

vlc-0510-00074s.jpg

à noter un curieux appendice ventral recourbé. Cet organe est présent chez tous les individus

3. un specimen adulte. obj 10x - vue partielle. Oeil

vlc-0510-00075s1.jpg

la carapace est partiellement écrasée, libérant une masse cireuse. On distingue un réseau densément ramifié que je suppose être l'appareil respiratoire (trachée). Une antenne est visible par transparence, ainsi qu'un ocelle.

4. Specimen adulte - 10x

vlc-0510-00078s1.jpg

je suis un peu intrigué par cet organe. Serait-ce un oviducte ?

j'envoie d'autres photos dans un prochain message

Modifié par patrice dx, 03 juin 2010 - 11:45 .
rectification

  • 0

#2 patrice dx

patrice dx

    Batracien

  • Membre Modérateur
  • 519 messages

Posté 03 juin 2010 - 12:35

voici les photos supplémentaires

5. détail antennes des nympĥes - obj 20x

vlc-0510-00104s1.jpg

6. détail pattes - obj 20x

vlc-0510-00106s1.jpg

7. détail carapace, (nymphe) - obj 40x champ clair

vlc-0510-00135s1.jpg

cordialement
  • 0

#3 patrice dx

patrice dx

    Batracien

  • Membre Modérateur
  • 519 messages

Posté 04 juin 2010 - 11:12

Quelques compléments d'information...

1. quelques sites sur Coccus hesperidum

http://www.entomolog...ne/Scalebr.html

http://www.extento.h...pe/c_hesper.htm

http://www.sel.barc....eridumDesc.html
à noter les illustrations détaillant la morphologie de la femelle adulte.

2. sur archive.org

http://www.archive.o...cidae00macgrich : Les Coccidae / alex D. MacGillivray, éd Scarab company, 1921. Une présentation générale des coccidae. Présentation des sous-familles et clés de détermination.

L'auteur décrit les techniques de préparation microscopique des specimens.

une identification précise repose sur l'examen, chez les nymphes et la femelle adulte des appendices : antennes, pattes, setae, du pygidium, de la région anale. Cela suppose que les individus adultes soient dégagés de l'épaisse couche cireuse qui les recouvre.

Dès lors la préparation des specimens adultes passe par plusieurs étapes :
1. prélèvement sur la plante
2. bain de soude caustique chaud, (dilué à 10%) destiné à dissoudre la cire
3. lavage à l'eau distillée
4. fixation à l'alcool 95 %
5. coloration à la fuschine acide
6. déshydratation à l'alcool 95 %
7. montage en milieu résineux ou glycériné

on trouve sur archive.org de nombreux ouvrages (du début 20e S) traitant des coccidae, certains sont illustrés, mais il traitent généralement de la faune américaine, australienne ou asiatique. A noter cependant :

Monograph of the Coccidæ of the British Isles / Newstead, Robert, 1859-1947. - Ray society, 1901 - en deux volumes

http://www.archive.o...cocci01newsrich

cordialement
  • 0

#4 patrice dx

patrice dx

    Batracien

  • Membre Modérateur
  • 519 messages

Posté 06 juin 2010 - 11:02

voici un complément d'observation des specimens (montés en milieu glycérine+alcool) de Coccus hesperidum.

fig 1

vlc-coccus hesperidum-00012.jpg

Nymphe. L'organe recourbé, désigné comme "crumena" (du latin crumena, qui désigne la bourse en cuir munie d'une anse, portée au cou des romains) est une invagination du cuticule à proximité immédiate du rostre. Cette invagination se prolonge jusque dans le mesothorax. Il permettant de contenir les stylets ou rostralis. Cet organe est présent chez tous les coccidae. voir MacGillivray, Alexander Dyer, p. 32. L'antenne comporte 7 ou 8 segments. Les yeux sont atrophiés et réduits à deux ocelles simples.


fig 2

vlc-coccus-hesperidum-002.jpg

Jeune femelle. Le cuticule cireux n'est pas encore très épaissi, ce qui permettait une observation sans passage à la soude caustique. Il s'agit de la plaque anale et de la vulve. Cette région est munie de plusieurs soies dont certains sont rigides, formant une sorte de peigne ou de fourreau.

Sur un specimen adulte - peut une autre espèce de C. hesperidum, mais en possédant cependant les caractéristiques , au bouclier fort épaissi, trouvé sur une feuille de tilleul, j'ai observé au stéréoscope que cette plaque anale se présente sur la face dorsale du pygidium, tandis que l'appareil buccal, antennes et pattes se retrouvent bien sur sur la face ventrale.
On remarque aussi les soies marginales et le repli du pygidium.

Sur les bonnes préparations microscopiques on devrait discerner chez l'adulte les divers type de soies dorsales et de pores excrétrices.
voir cette micrographie

fig 3

vlc-coccus-hesperidum-00034.jpg

Nymphes.A noter les soies stigmatiques (2 paires), situées latéralement (en marge) à hauteur des deux premières paires de pattes. Ils sont souvent associés à des pores sécrétant la cire ou le miellat/ Ces setae restent d'ailleurs visibles chez l'adultes se présentant comme une ligne blanche sur le bouclier cireux (qui est tacheté brun et ocre)

(on le voit sur cette macrophotographie de Coccus sp. - provenant d'un site russe)

fig 4

vlc-coccus-hesperidum-0038.jpg

Encore une nymphe.

cordialement,
  • 0




N'oubliez pas de consulter notre Magazine en ligne ... MIK-MAG!