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VIDÉO

Pseudomonilicaryon sans tête et considérations sur la régénération des Ciliés.

VIDÉO Dileptus anser

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22 réponses à ce sujet

#1 solito de solis

solito de solis

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 08 novembre 2014 - 09:47

Non ce n'est pas un oiseau, mais un cilié qui auparavant s'appelait Dileptus anser et que l'on nomme aujourd'hui Pseudomonilicaryon

Ce qui est étrange ici c'est qu'il a perdu sa tête ou plutôt qu'il n'a pas de proboscis, ce cou qui s'allonge au-delà du cytostome et qui est cilié et

qui s'agit dans tous les sens pour explorer l'environnement

 

C'est assez drôle de voir que même sans cette pièce manquante à son jeu, il vit... Or, en tant qu'unicellulaire, une déchirure n'est pas cicatrisable

et ici il semble aller son chemin, tranquille comme si... dans cet organisme, certaines parties n'ont pas besoin d'être un tout pour encore exister

et vivre... Vous avez sans doute souvent vu des morceaux de ciliés qui se promènent tout seuls, parfois dans des dans étranges que leur permettent les cils et la forme tronquée qu'ils ont alors

Et souvent on croit à ce moment là, tomber sur un cilié inconnu ...

et non...

attention de ne pas confondre la petite "queue" et la prendre pour une tête.. le proboscis est de l'autre côté, vers le bas au début de la video

 

http://youtu.be/r9eoGXQDw0w

 

 

cordialement

SDS


Modifié par solito de solis, 08 novembre 2014 - 09:48 .

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#2 pujante

pujante

    Eucaryote

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Posté 08 novembre 2014 - 11:01

Très intéressant.
Si nous coupons un ciliée en deux parties, (une partie contenant le noyau), les deux parties vivent,cicatriser, chassemanger ... mais la partie sans noyau perd la capacité de digestion  il finit par mourir.

 

Francisco

 

 

 

 


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#3 savant Cosinus

savant Cosinus

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 09 novembre 2014 - 09:12

Bonjour,

Or, en tant qu'unicellulaire, une déchirure n'est pas cicatrisable

 

... pas cicatrisable au sens "tissulaire" du terme...? Il faut bien que l'ectoplasme se referme pour éviter que "les viscères ne se répandent."

 A-t-on observé le phénomène ?

 Bien que ce soit différent, les ciliés peuvent "exploser" en mourant, je suis d'accord... en mourant...! aussi de leur vivant ils seraient capables d'éviter cet épanchement de leur cytoplasme ...?

 Cosinus ... le curieux !


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#4 Tryphon T

Tryphon T

    oooOooo

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Posté 09 novembre 2014 - 09:57

Bonjour Cosinus,

 

Une fois de plus, on diverge sur le sens des mots.

En effet la cicatrisation a une consonance tissulaire (histologique)  à lors que la régénération concernerait les organes et le clonage l'individu entier;

Mais pour nos chers Ciliés, il n'existe pas de terme officiel associé.

Créons-le ?, peut-être pas besoin, lisez la suite.

 

Nous avons tous assisté à la mort "explosive", même si c'est au ralenti, de Ciliés.

Elle est due en fait à l'écrasement inexorable de la cellule par la pression atmosphérique exercée sur la lamelle !

Essayez de décoller deux lames de verre, entre lesquelles il existe un vide virtuel ! 

C'est impossible sans ruser...

 

(Je rappelle au passage ce qu'est un vide virtuel.

Cette notion n'est pas très connue, et il est donc bon de la diffuser.

Dans une enceinte close, étanche, on peut créer un vide (on pourrait être tenté de dire réel, mais je ne le dirais pas!) en enlevant tout son contenu.

Principalement on extrait l'air qui s'y cache, avec des popes à vide.

Au final on obtient un vide plus ou moins poussé en fonction des molécules ou atomes qui peuvent y subsister.

Dans une enceinte close, mais non vide, la pression exercée par les molécules de gaz contenus (si elle contient du gaz comme l'air) compensent exactement la pression atmosphérique extérieure et les parois sont .

Si on fait le vide à l’intérieur, seule la pression atmosphérique s'exercera sur les parois dans un seul sens bien sûr.

Imaginons maintenant que nous rapprochions deux parois du récipient dans lequel on fait le vide.

Que devient le vide ?

Maintenant imaginons que nous prenions deux lames de verre bien planes (pour qu'elles se touchent sur un maximum de points) et que nous les rapprochions au point qu'elles se touchent intimement.

Nous avons expulsé par le fait, tout l'air qui les séparaient et nous sommes exactement dans le même cas de figure qu'avec une enceinte à vide , sauf qu'il n'y a plus d'enceinte, et cela s'appelle une cavité virtuelle et par association, le vide qui sépare les deux lames de verre pourrait être appelé vide virtuel.)

 

Quand l'eau qui sépare lame et lamelle s'évapore, la cavité entre lame et lamelle diminue et le Cilié va donc être soumis à un écrasement supérieur aux forces de cohésion de son cytoplasme, il "explose".

 

Par contre, nous sommes dans un tout autre cas de figure quand nous observons un cilié en "eau libre "!

Une blessure de son cytoplasme n'est pas l'équivalent d' un écrasement sous un marteau pilon, et les phénomènes de régénération peuvent s'exercer naturellement.

Il y a donc toute une série d'expérience (je parle de votre propre expérience d'observateur microscopiste) à faire, quand on observe les ciliés en "eau libre".

Je sais bien que les jeunes micro-photographes rêvent de voir leurs sujets ne plus bouger du tout et même leur sourire , alors on les écrase avec la lamelle.

J'ai souvent conseillé (je ne suis pas le seul) de vaseliner les 4 coins de la lamelle, ou mettre des fibres de coton dans la préparation, cela permet aux ciliés de garder leur liberté de mouvement et  leur forme naturelle .

 

Il existe en outre une expérimentation que vous pouvez faire sur la régénération de l'intégrité cellulaire d'un Cilié.

Il faut être outillé bien sûr, mais c'est à votre portée.

C'est la micro-chirurgie (la vraie)

Il existe la micro-puncture ultra-violette ou laser qui consiste à détruire une partie de la cellule avec un faisceau approprié injecté dans le microscope.

Mais surtout la micro-manipulation.

Tout le monde a vu des séances de FIV à la TV et tout le monde a pu constater qu'un trou dans la paroi cellulaire d'un ovule ne le tue pas.

D'un autre côté, on peut prélever un noyau d'une cellule et le remplacer par celui d'une autre cellule et la cellule continue à vivre.

Il est donc possible de faire de la "chirurgie" sur un Cilié, sans pour autant qu'il "explose".

 

Il ne faut donc pas considérer l'éclatement d'un Cilié  (parfois le seul que l'on ait observé) comme un phénomène naturel et habituel.

Au contraire, c'est une expérience ratée d'observation mal menée qui aboutit à des conclusions erronées sur ce que l'on observe .

Conclusions qu'il n'a surtout pas lieu de généraliser ou d'extrapoler. 

C'est un artefact.

 

Cordialement.


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#5 solito de solis

solito de solis

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 09 novembre 2014 - 10:51

Au sujet de la cicatrisation, on peut en apprendre plus et être étonné de l'intelligence biologique présente chez les ciliés

 

 

 

Chez les vertébrés et les « hauts » invertébrés, une lésion traumatique induit invariablement une réponse inflammatoire. Metchnikoff et autres auteurs ont noté cependant que les résultats sont beaucoup plus rapides et les mécanismes plus simples pour les organismes unicellulaires.

 

Lorsqu’une amibe est coupée en deux, aucune blessure n’apparaît le long de la ligne de section : les deux lèvres se réunissent et se refondent chacune pour soi après le passage de la lame coupante

Deux nouvelles amibes sont formées ; une contenant le noyau  qui poursuivra sa tâche d’amibe tandis que l’autre, n’ayant plus de noyau finira par mourir.

Des portions de pseudopodes du thécamoebien l’amibe Arcella qui sont excisés et séparés de la cellule mère à une distance allant jusqu’à 500 µm se voient réincorporés dans la cellule mère. Les fragments et la cellule mère  se retrouvent et fusionnent. Cette fusion est authentique parce qu’elle suscite un « contact de choc ».

 

Cela n’est pas possible durant l’alimentation en effet :les portions excisées flottent alors autour du cytoplasme de la cellule-mère sans être encapsulées dans une « vacuole alimentaire ». L’amibe ne se mangera pas elle-même !

 

Des fragments de l’amibe peuvent fusionner avec des cellules-soeurs, des amibes de même espèce mais jamais avec une autre espèce. La croissance d’une même espèce diffère de toute autre et résulte en incompatibilités dues aux conditions extérieures différentes. Ce qui dès lors ne permettra que des réactions de destruction plutôt que de fusion par contact. Une certaine compatibilité peut cependant être trouvée parfois par la croissance dans de mêmes conditions.

 

L’unicellulaire Heliozoaire Actinosphaerium, lorsqu’il est écrasé par un couvre-lame, comme Tryphon en parle dans sa réponse précédente, peut se reconstituer par lui-même en moins de  24 minutes en redessinant sa forme par fusion des différents fragments (Kuhl, 1954)

 

Lorsque les ciliés (qui possèdent des protoplasme extrêmement plus différenciés que les amibes, sont artificiellement bisectés, la blessure provoque une destruction de la membrane et met à nu le contenu intérieur de la cellule : son protoplasme.

En un temps très court, les lèvres de la plaie croissent autour de la blessure et secrètent une nouvelle pellicule, ce qui fera dire à Metchnikoff qu’il y a une « cicatrisation saine et complète » La même réaction survient aussi bien pour les deux portions de la section, celle qui est nucléée et celle qui ne l’est plus (le noyau a dû se trouver dans l’une ou l’autre des deux portions après la coupure). Balbiani, cependant (1888) pense qu’il n’y a jamais complète cicatrisation ou guérison pour la portion de cellule qui ne contient pas de noyau, car il estime que c’est le noyau qui décide de son influence sur la sécrétion de cette cuticule.

 

Pour un cilié blessé donc, la portion qui contient le noyau est complètement réparée en 24 heures tandis que la partie de la cellule qui est vide de noyau s’atrophie graduellement et finit par mourir.

Pour certaines cellules comme Trachelius ovum, tel qu’il est représenté ici par la video de Pujante, les blessures causées par section sont immédiatement recouvertes par l’ectoplasme et les fragments contenant le noyau sont complètement régénérés en moins de cinq heures.

 

Le microscope électronique a permis de visualiser des opération microchirurgicales sur des paramécies Paramecium caudatum qui par blessure leur font perdre une petite partie du cytoplasme (Janish 1964) Après 2—5 minutes, le cytoplasme extrudé (qui est sorti du petit trou de la blessure) est recouvert d’une nouvelle membrane , est enrichi de granules uniformes et grossiers, mais ne contiendra aucun des organelles normalement présents dans le cytoplasme ailleurs dans la cellule.

Enfin, on peut rechercher les travaux de Tartar à propos des blessures chez les stentors dans la revue

Transplantation Proceedings  (1970) SI une cellule de Stentor est coupée avec une fine aiguille de verre (genre pipette pasteur extra finement étirée) et maintenue ouverte pour éviter une rapide réparation par fusion de l’ectoplasme, l’endoplasme est immédiatement recouvert par une autre membrane fabriquée par la cellule.

Si un autre Stentor est traité de la même façon et mis en contact avec le premier au point de la blessure, les membranes nouvellement formées se cassent et il y a fusion des endoplasmes qui se recouvrent ensuite par l’ectoplasme qui viendra souder définitivement les points de contact.

 

Tout ceci qui pourrait se trouver aussi dans le sujet de Pujante :Trachelius ovum

nous amène à être un peu moins étonné de ce que souvent nous observons des "monstres" "freaks" chez les ciliés

Ce sont là des signes d'une blessure récente et les morceaux qui résistent nous font parfois rire... parce que ils sont si différents

Peut-être que les dieux jouent aussi de la sorte avec les humains.

 

 

Pour ceux qui n'en ont pas encore vus

une image d'un Stentor igneus qui a été blessé et qui a reconstruit des parties (les excroissances allongées)

 


Modifié par solito de solis, 09 novembre 2014 - 11:06 .

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#6 Tryphon T

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Posté 09 novembre 2014 - 11:26

Ah voilà que Mikroscopia il devient intéressant !  :)

 

Il y a plusieurs façons de participer au forum et toutes sont intéressantes et complémentaires.

Il y a l'observation dans un but de collection, il y a la réflexion, souvent basée sur la première...

 

Bon, ici, je crois qu'il faut bien voir dans l'excellente analyse de Solito , que le temps passe et que les écrits (et par là les connaissances) restent et se télescopent .

Du temps de Metchnikoff que je qualifie de "complémentaire de Pasteur" (l'un a découvert le rôle des microbes (pathogènes) et l'autre du  terrain), bien des connaissances ont été acquises et ses observations pertinentes ont trouvé explication pour certaines d'entre elles.

 

Si une membrane se reconstitue spontanément, c'est tout simplement que c'est un phénomène purement chimique. (Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas une forme intentionnalité derrière tout çà : un bout de programme contenu dans le cytoplasme séparé).

On sait fabriquer des membranes cellulaires artificielles, et justement elles ont la propriété de former des vésicules et donc de se refermer spontanément. Les liposomes.

Par contre pour certains des organites cellulaires non autonomes, il faut un programme provenant du noyau pour les recréer ce qui explique que la partie ne contenant pas de noyau dégénère.

Encore faudrait-il faire la part de ce qui incombe au macro et au micro-nucléus.

Mais je suis persuadé que, même sans noyau, une partie de cellule reconstituée continuerait à vivre (et pas dégénérer ni se reproduire) indéfiniment, si on lui fournissait les instructions manquantes , juste les instructions manquantes.

 

Par contre si on lui injecte un noyau complet d'une autre cellule, elle va continuer à vivre et à se reproduire dans la mesure où il y a compatibilité entre ces deux éléments.

 

Expérimentalement.


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#7 savant Cosinus

savant Cosinus

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Posté 09 novembre 2014 - 11:30

Merci à tous les deux,

C'est cette notion de "réparation" que je voulais éclaircir...

Amicalement

Cosinus

P.S. qui pourrait se permettre de dire que ce forum n'est pas intéressant... :angry: !


Modifié par savant Cosinus, 09 novembre 2014 - 11:32 .

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#8 Tryphon T

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Posté 09 novembre 2014 - 11:42

Hello !

 

J'espère que tu ne vas pas te contenter de nos explications, comme l'enfant qui attend une réponse de ses parents , et  ceci, quelle que soit la réponse.

Certains s'endorment satisfaits , rassurés, d'autres au contraire n'en trouvent pas le sommeil.

 

Soporifiquement.


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#9 pujante

pujante

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Posté 09 novembre 2014 - 12:56

Intéressant débat
Un livre hautement recommandé:
Zoologia especial. Protozoos (je pense qu'il y aura la version française)
Auteur: Albert Westphal

 

Francisco


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#10 solito de solis

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Posté 09 novembre 2014 - 02:36

Salut

 

Si une membrane se reconstitue spontanément, c'est tout simplement que c'est un phénomène purement chimique. (Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas une forme intentionnalité derrière tout çà : un bout de programme contenu dans le cytoplasme séparé).

 

Donc on ne peut jurer avec certitude que la partie de la cellule qui contient le noyau se referme à cause de ce macro ou micronucleus

mais peut-être bien comme l'autre morceau: par une particularité biochimique du cytoplasme qui est resté dans cette portion orpheline

C''est aussi et certainement beaucoup plus l'action de protéines et du protesome... qui existerait encore et qui existe encore das chaque pièce du puzzle animé

 

Ensuite si on peut effectivement générer des membranes artificielles qui se referment naturellement en formant des vésicules , n'est-ce pas aussi l'intention de ce créateur de membranes artificielles. Dès lors, si cet ingénieur peut en intentionner, pourquoi une cellule ciliée, extrêmement plus complexe que les cellules de l'humain, ne le pourrait elle aussi ?

(plus complexe car elle possède toutes les capacités tandis que celles de l'humain ont perdu cette plénipotence pour se différencier et agir comme cellule spécialisée: épithéliale, hépatique, cardiaque, neurale etc...)


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#11 Tryphon T

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Posté 09 novembre 2014 - 03:40

A mon avis, certaines fonctions dépendent du noyau et d'autres sont autonomes, mais il faut peut-être quand même un coordonnateur cytoplasmique.

Prenons l'exemple du cytosquelette d'une amibe.

Ce cytosquelette se polymérise et se dépolymérise en permanence ce qui produit le mouvement.

Cela se fait à partir d'éléments contenus dans le cytoplasme même , tout prêt de l'endroit où ils sont utilisés.

On peut considérer cela comme des réactions chimiques que l'on peut reproduire en laboratoire.

Mais qui dirige le mouvement?

 

Une partie du cytoplasme séparé de l'amibe aura conservé sa possibilité de se déplacer.

Mais quand une amibe entière se déplace , elle le fait en fonction de stimuli, il faut donc que quelque chose de plus complexe qu'une réaction chimique dise au cytosquelette d'aller à un endroit plutôt qu'à un autre.

Pour la partie séparée, il serait intéressant de savoir si elle obéit aux même stimuli , ou si elle se déplace au petit bonheur la chance.

Si elle obéit aux mêmes stimuli, par exemple un chimiotactisme particulier, elle n'a donc pas besoin du noyau.

Si au contraire elle est incapable de se nourrir (autre activité du cytosquelette, la "commande" passe par le noyau..

 

Donc, si on est capable , à l'aide d'un micro-manipulateur, de faire ce genre de chirurgie simple, on peut certainement apporter beaucoup de réponses à beaucoup de questions que l'on se pose.

 

Mais peut-être que cela a déjà été fait ?


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#12 solito de solis

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Posté 09 novembre 2014 - 05:25

Dans le texte que j'ai introduit dans le sujet au début de la journée on parle de l'amibe Arcella

Lorsque l'on sectionne des pseudopodes...  et que la distance ne dépasse pas les 500 microns: le morceau de pseudopode et l'amibe s'attirent et se retrouvent comme deux amants

Comment le chimiotactisme peut il expliquer cela ? 

La chimie n'est qu'interprétation

 

Une question qui me brûle et qui concerne les micromanipulations

Tout microscopiste sait que lorsqu'il veut intervenir sur la lame directement tout en regardant par ses oculaires

il doit penser tout le geste venant du sens opposé et ce n'est pas facile

 IL y a d'autres solutions ? Celle par exemple de renverser l'image lorsqu'elle passe par un logiciel de traitement directement lié à la caméra ?

(on peut alors voir les événements comme par le sens de la vue droite=droite et haut= haut)

Ou quelqu'un a-t-il une autre idée ?

 

SDS


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#13 Tryphon T

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Posté 09 novembre 2014 - 06:17

Re,

 

Merci de m'avoir posé cette excellente question !

 

Après le remontage de la microforge et après avoir confectionné au moins un outil (!), je vous parlerai du micromanipulateur et de sa merveilleuse invention.

Quoi qu'il en soit Pierre de Fonbrune qui se posait les mêmes questions que toi, s'est vu en rêve aux commandes des son micromanipulateur qu'il allait ( ou venait en rêve) d'inventer !

 

Bien entendu, il venait de résoudre le problème de l'inversion de l'image par le microscope.

 

 

 

Mani.jpg Récepteur.jpg

 

A+


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#14 savant Cosinus

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Posté 09 novembre 2014 - 09:48

Bonsoir,

J'espère que tu ne vas pas te contenter de nos explications, comme l'enfant qui attend une réponse de ses parents

 

... et si ! :) ... d'autant plus que vos réponses sont très complètes et suffisent largement à mon niveau... mon sommeil n'en souffrira pas .

Amicalement.

Cosinus.


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#15 Jean Marie Cavanihac

Jean Marie Cavanihac

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Posté 10 novembre 2014 - 07:39

Bonjour,

 

pour répondre à la question de l'inversion des sens de déplacements dans un microscope droit... il suffit d'utiliser un microscope  inversé ** ! c'est ce matériel que l'on utilise en micromanipulation et en effet la micropipette apparait à droite sur l'image quand elle est à droite sur la lame ...

 

Amitiés,

JMC

 

** pour être clair : l'inversé a le condenseur au dessus de la lame (avec une longue distance de travail pour permettre l’accès aux cellules à manipuler )  et les objectifs sont au dessous de la lame ...


Modifié par Jean Marie Cavanihac, 10 novembre 2014 - 08:34 .

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#16 Tryphon T

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Posté 10 novembre 2014 - 10:49

Bonjour,

 

Jean-Marie a tout à fait raison,

 

Les microscopes inversés ont été créés pour répondre à plusieurs besoins.

  • Avoir un accès dégagé à la préparation : l'éclairage peut être positionné beaucoup plus loin qu'un objectif !
  • Avoir un mouvement direct.

Cela permet d'intervenir sur le sujet pour le manipuler.

C'est la raison pour laquelle ces microscopes sont utilisés pour

  • examiner des objets contenus dans des récipients épais : cultures de cellules et de tissus
  • faire de la micro-manipulation.

 

Pour revenir au micro-manipulateur de de Fonbrune, cela ne pose aucun problème: il peut être utilisé sur un microscope droit tout comme un microscope inversé.

Le de Fonbrune est un micromanipulateur pneumatique, il suffit d'inverser  deux tuyaux pour inverser ou pas le sens du mouvement.

Je suppose que dans les micromanipulateurs électriques, l'inversion est tout aussi possible.

 

Pour ceux qui n'ont pas la chance d'avoir de surplatine à leur microscope pour faire bouger la préparation, ils font cela en déplaçant la préparation avec les doigts.

En effet, l'inversion du mouvement par le microscope est très déroutant.

Mais ,rassurez-vous, ayant pratiqué la microscopie ainsi pendant de nombreuses années, le cerveau à des capacités d'adapttion remarquables.

Avec un peu de pratique, on oublie vite que les mouvements sont inversés !

Et l'examen avec un seul oeil, c'est la même chose, le confort et le champ est moins grand, mais le fait de laisser l'oeil qui n'observe pas OUVERT ne pose n'on plus aucun problème.

C'est une petite question d'habitude; et des générations de micrographes et de savants ont travaillé ainsi pendant des générations et fait beaucoup plus de découvertes mageures que n'en feront les amateurs actuels équipés de microscopes de haute technologie et hyper confortables...

 

Optimistement.


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#17 solito de solis

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Posté 10 novembre 2014 - 11:10

Bien ^sur, merci pour ces réponses au sujet de l'inversion

Je pensais juste à un moyen technique pour ne pas devoir changer de microscope 

Il est vrai que je me sers plus souvent d'une loupe binoculaire stereo pour les invertébrés et que là, camera et écran sont fixés sur l'appareil et tout est conforme à ce qui se passe avec les mains ou les outils

(pointes, pinces etc...)

 

Pour en revenir à la régénération cellulaire par cicatrisation, j'ai approché souvent les planaires, ces petits vers plats (platyhelminthes) comme Dugesia ou Polycelis

et j'ai toujours été épaté de voir à quelle vitesse un petit morceau de l'animal peut en reconstituer un autre tout entier à condition qu'il contienne des cellules souches et que ces cellules souches

soient en relation avec les "filles" qu'elles vont créer par reproduction.

Ainsi, il ne s'agit pas d'un morceau qui est en relation avec un noyau quelconque comme pour les ciliés... (ce dont je doute) mais une relation entre les cellules souches qui sont disséminées

quasi partout dans l'organisme de la planaire et qui détiennent le code génétique de l'animal reconstituable, et cette pièce détachée

Les planaires sont énormément étudiées, non seulement pour le phénomène de la mémoire qu'elles possèdent et qui est effarant

mais encore de cette capacité régénératrice qui excite les médecins et les généticiens cherchant à faire vivre l'humain le plus longtemps possible,

ou à reconstituer les pièces usées au départ des Cellules souches plénipotentes.

 

famille de Dugesia sous un caillou de la rivière

 


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#18 Tryphon T

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Posté 10 novembre 2014 - 11:43

Pour en finir avec l'inversion de l'image, il existe bien sûr des systèmes redresseurs binoculaires, mais ils ne présentent aucun intérêt pour le microscopiste dans la mesure où il déplace l'objet avec des vis "synchrones" avec la vision.

 

La régénération des planaires est en effet un sujet très étudié pour les bénéfices que l'on pourrait en retirer sur le plan médical.

Il ne fait aucun doute que la compréhension de la biologie propulsera l'homme au rang de Dieu.

Elle lui permettra de cicatriser des plaies avec trop de perte de substance pour que cela soit possible naturellement, elle permettra de régénérer des organes détruits par accident ou dégénérés à cause de maladies.

Elle permettra de reconstitution de l' ADN détruit par les radiations et "le Nucléaire" ne posera plus aucun problème.

Par contre il restera toujours la lute entre les "ennemis envahisseurs" que sont les microbes et qui ont la propriété, comme tout autre être vivant, d'adapter leurs armes aux contre-armes que l'on leur oppose.

 

Cela se fera, il n'y a aucun doute, mais cela va poser encore plus que maintenant, des problèmes moraux .(ou éthiques ce qui est la m^me chose)

 

Qui décidera de qui devra bénéficier de ces traitement et qui en sera privé.

Une immortalité n'est pas applicable à tous les humains de la planète ou alors il faut interdire totalement la reproduction.

Alors quelles instances décideront de qui doit vivre et qui doit mourir... ?


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#19 solito de solis

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Posté 10 novembre 2014 - 01:35

Celui qui, ayant quitté ce monde, le dirigera de l'extérieur, comme le microscopiste essuie sa lame avec les petites bêtes ou les remet dans l'eau

(c'est pas moi qui l'ai dit)


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#20 Tryphon T

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Posté 11 novembre 2014 - 11:12

Bonjour,

 

 

Des portions de pseudopodes du thécamoebien l’amibe Arcella qui sont excisés et séparés de la cellule mère à une distance allant jusqu’à 500 µm se voient réincorporés dans la cellule mère

 

Cette constatation m'a beaucoup impressionné.

Toutefois, elle peut être interprétée de plusieurs manières.

 

On peut imaginer le pseudopode coupé et éloigné , "réintégrer ses pénates" auquel cas, il faudrait imaginer une sorte de communication, comme la mère poule qui appelle ses poussins.

Ou bien au contraire, imaginer qu'un certain chimiotactisme fasse percevoir cette "chair" isolée comme une excellente nourriture pour l'amibe blessée.

 

Deux conceptions donc, totalement opposées, à moins, et on peut toujours imaginer qu'il y ait les deux, ( pour satisfaire les esprits diplômâtes)

 

Et c'est pour ce genre de dilemme que je vois une justification à Mikroscopia ,en fournissant des solutions, des expériences, des discussions permettant de  se faire sa propre idée.

Avec un micromanipulateur pour ceux qui en ont un, ou simplement avec des micro-outils comme ceux de Jean-Marie Cavanihac et à la main, éventuellement sous la loupe binoculaire, et une bonne dose de patience et un bon esprit d'observation, on peut se faire sa propre idée.

 

Bien cordialement.


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#21 Claude Brezisky

Claude Brezisky

    Purgatorius

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Posté 11 novembre 2014 - 01:49

Bonjour,

Les logiciels des caméras dédiées aux microscopes peuvent inverser les sens de déplacement droite et gauche ou/et haut et bas, ce qui permet d'avoir à l'écran le déplacement réel de la platine ou de l'outil employé.

Cordialement

Claude


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#22 solito de solis

solito de solis

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 13 novembre 2014 - 08:40

Pour ajouter encore quelques images au sujet de la régénération cellulaire chez les ciliés

 

voici une image en 3 parties qui représente trois états d'un même stentor roeseli

 

La première, la supérieure est celle du stentor que je découvre écrasé et en lambeaux sur la lame

La seconde c'est 5 minutes après, le corps qui contient les nucleus tente de se défaire d'un de ses restes

La troisième, c'est 15 minutes après, le stentor a retrouvé une forme et a cicatrisé et il est bien vivant

 

20 minutes...

 


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#23 savant Cosinus

savant Cosinus

    Homo sapiens microscopicus

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Posté 13 novembre 2014 - 09:52

Bonsoir,

...dans le même ordre d'idée, je ressors cette vidéo pour laquelle je me suis toujours demandé si il s'agissait d'une erreur génétique ou d'une cicatrisation "ratée"... mais fonctionnelle :) !

http://youtu.be/I5WPx_qC33s


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