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Manne Céleste.


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#1 Michel

Michel

    Homo sapiens microscopicus

  • Membre confirmé
  • PipPipPipPipPipPipPipPipPipPip
  • 8 671 messages

Posté 20 juin 2004 - 08:47

Bonsoir le Forum,

Il y a quelques années, alors que j’explorais mon bois de chênes, j’entendis un bourdonnement incessant mais diffus venant de la cime des arbres. J’émis l’hypothèse d’un essaim d’abeilles, mais je n’arrivais pas à le voir.
Bien des années plus tard, ce matin même, j’entendis le même bourdonnement mais dans le chêne le plus rapproché de ma maison et cette fois-ci je vis des abeilles, mais disséminées dans tout l’arbre sans qu’aucun essaim ne soit présent. Que faisaient là toutes ces abeilles ?
Je remarquais également que la face supérieure des feuilles était inhabituellement brillante, collante contrairement à celles des arbres voisins. Les abeilles attirées par cette sécrétion inattendue, la butinaient. Je goûtais à mon tour ….
La suite en images.


Les feuilles suintantes
GENERAL.jpg
À droite feuilles d’un arbre normal
Abeille butinant.

Je regardais donc au microscope une feuille de plus près.
 

Une feuille normale comme référence.
Normale.JPG
Microscope Panphot Eclairage Ultropak Luxeon 1W Canon PowerShot S 50

Je regardais donc au microscope une feuille de plus près.
 

Une feuille brillante.
Capt_300_00002_R.JPG
Microscope Panphot Eclairage Ultropak Luxeon 1WCanon PowerShot S 50

On remarque de nombreuses particules collées ainsi que des grains de pollens de conifères.

Je regardais donc au microscope une feuille de plus près.
 

Gros plan sur les pollens
Image14F.jpg
Vue en épiscopie in situ.
Microscope Panphot Eclairage Ultropak Luxeon 1W Canon PowerShot S 50

A suivre

Si quelqu’un a une explication sur ce phénomène ?

Il semblerait qu’une Hyper Photosynthèse fasse sécréter des quantités énormes de sève qui va transsuder par la face supérieure des feuilles.
Si ce phénomène avait lieu sur la face inférieure, les stomates seraient noyés
Quel goût à donc cette sécrétion ?
Eh bien c’est sucré, cela rappelle un peut le goût du sirop d’agave (bien plus fin que celui d’érable).
Ce suc serait composé essentiellement de saccharose.

C’est donc un milieu de montage qui plairait à Walter, on ne peut plus naturel et prêt à l’emploi.
Les grains de pollen sont déjà montés, il suffit de mettre son microscope dessus !

Mais en retournant une feuille pour voir ce qu’il y avait dessous, j’ai eu une autre surprise.
Rendez-vous dans : Métazoaires microscopiques

Cordialement.
 

Michel,

Je ne sais si c'est la solution à ce que je crois être une question, mais j'ai observé maintes fois ce phénomène durant ces 20 dernières années, la dernière fois datant de 2 semaines sur un érable faux-platane de mon jardin.
Il ne s'agit pas d'une secrétion de l'arbre mais bien d'un miellat ou exsudat généré par les pucerons qui colonisent l'arbre en question (en cherchant attentivement, on les trouve à la face inférieure des feuilles) : ils sont peu visibles, car homochromes avec la feuille qui les abrite et les nourrit.
Lors d'années normales, le phénomène est moins marqué mais quand on se trouve dans une année "à pucerons" comme c'est le cas en 2004, justifiée par la conjonction de critères climatologiques, les pucerons se présentent par myriades et on rencontre ce phénomène.
Ce liquide +/- sucré et collant, qui est le résultat de leur digestion, constitue un piège à grains de pollen et une manne céleste pour les insectes butineurs en tous genres.....
On rencontre le même phénomène, sur des plantes ornementales d'intérieur ou dans les serres, provoqué par d'autres insectes, les Cochenilles....

Bon WE à tous
Marcel

Les Pucerons se situent ainsi dans le classement des Insectes :
Ordre Hemiptera (insectes piqueurs ou suceurs)
Sous-ordre Homoptera
Superfamille Aphidoidea
Famille Aphididae

Michel,

Je prends connaissance de ton dernier message et je crois plus aux Pucerons qu'à l'idée d'une hyper photosynthèse (phénomène que je ne connais d'ailleurs pas du tout....).

En début de saison, on peut trouver ainsi des quantités phénoménales de Pucerons qui provoquent ce phénomène dans un très court laps de temps, avant de quitter leur hôte et se disperser dans la nature .... le miellat n'est perceptible qu'au moment où la colonie va se disloquer et perdure longtemps après leur départ, surtout s'il n'est pas lavé par la pluie !

L'arbre ou la plante sont choisis comme maternité par des femelles suivant le processus suivant :
Des oeufs pondus sur la plante en automne donnent naissance au printemps à des femelles aptères parthénogénétiques qu'on appelle "fondatrices".
Quand elles sont adultes, elles se reproduisent par parthénogenèse et sont vivipares, donnant naissance chaque jour à des jeunes actifs, ce qui en quelques jours, constitue une colonie impressionnante.
Et puis, tout ce petit monde se disperse très vite et va coloniser d'autres plantes.
Les générations de femelles parthénogénétiues se succèdent durant tout l'été jusqu'à l'automne, où une génération va donner des mâles et des femelles ovipares qui pondront des oeufs fécondés destinés à passer l'hiver et à recommencer le cycle.

Encore une fois, je ne prétens pas détenir la vérité : c'est le simple résultat de mes observations et de mon expérience de 30 ans d'entomologie !

Une dernière précision ! Certaines fourmis ont compris l'intérêt de cotoyer les pucerons .... Elles élèvent des colonies complètes et les protègent des prédateurs ; en contrepartie, des ouvrières fourmis spécialisées viennent plusieurs fois par jour caresser l'abdomen des pucerons afin de forcer l'émission de leur miellat (c'est une sorte de traite, sans mamelles...) qu'elles récoltent précieusement.
Quelle merveille la nature !
Bon dimanche à chacun(e)
M

Bonjour le Forum,
Bonjour Marcel,

Merci pour ta réaction.
Je ne crois pas que je puisse apporter pour l’instant une réponse définitive à la question car le phénomène à l’air plus complexe qu’il n’y parait.
Certes je connais le problème des pucerons sous les feuilles des chênes et aussi leur élevage par les fourmis que j’ai maintes fois observé sur mon cerisier et diverses autres plantes Les quelques rares pucerons et de plus minuscules, observés sous les feuilles n’ont pas échappés à mes objectifs. Tout au plus une dizaine par feuille.
Certes, j’ai observé la récolte du miellat par les fourmis, mais ici pas de fourmis sur ce chêne et pourtant mon terrain est riche en fourmilières ! En permanence des colonnes de ces insectes parcourent les murs des bâtiments et elles empruntent même les fils de clôture pour traverser de vastes espaces envahis par la végétation.
La première chose qui m’a intriguée, c’est que c’est la face supérieure qui est luisante la face inférieure où sont les pucerons ne l’est pas. On peut donc supposer que les pucerons larguent leur miellat sur la feuille d’en dessous, d’ailleurs les voitures garées sous les arbres le savent bien. Mais j’ai cherché des rameaux aux extrémité des branches et sans feuilles au dessus, le phénomène est le même, alors est-ce dû au vent ? Il faudrait que je puisse accéder à la dernière feuille de la branche la plus haute pour avoir une certitude, mais l’opération est impossible, c’est vraiment trop haut.
A l’inverse, les arbres non atteints par ce suintement ont la même population de pucerons sous leurs feuilles. Y a-t’il un autre phénomène, comme celui de la photosynthèse qui m’a été proposé par un chercheur. ? Ou bien une conjonction des deux ? Mais dans ce cas l’un est-il à l’origine de l’autre ? Le puceron provoque t’il une hyper sécrétion de l’arbre ou est t’il attiré préférentiellement par cet arbre qui est une aubaine pour lui ?

Cordialement.

Mais j’ai vu autre chose sous les feuilles (voir dans le message d’origine) !
 

Bonjour Michel, Marcel, et le forum

Je n'ai pas vraiment d'idées sur ce que peut être le phénomène que tu décris, Michel, et je ne dis pas non plus que Marcel a tort, bien sûr.
Je voudrais simplement citer un texte, dont je vous laisse tirer la "substantifique moëlle":

"Le Miellat, dont l'origine animale a été contestée.La plupart des auteurs s'accordent cependant pour en faire un produit excrété par certains insectes tels que les pucerons qui, suçant la sève des arbres, celle des conifères, notamment les sapins, consomment surtout l'albumine et rejettent la partie sucrée à peine digérée.Le miellat tombant de la cime des arbres recouvre les feuilles,attire les fourmis et de nombreux autres insectes, dont les abeilles qui s'y intéressent d'autant plus que les floraisons estivales s'achèvent."
Josette Renault-Miskovski/Michel Petzold "Spores et pollens" (Delachaux et Niestlé, totalement épuisé)

En fait, cette citation n'apporte pas vraiment de réponse, car certains éléments correspondent à la théorie de Marcel, mais d'autres (sapins par exemple) la contredisent!
Si on me demandait mon avis, je dirais que cette citation confirme simplement l'existence du phénomène décrit par Marcel, mais ne caractérise pas vraiment celui décrit par Michel
Réponse "de Normand", je sais bien!

Amitiés à tous

Bonjour le Forum,
Bonjour Christian,

Je crois que ma démarche n’a pas été bien comprise.
Je ne me place pas dans une optique manichéenne pour savoir si une théorie est meilleure (j’ai failli dire plus vraie) qu’une autre. Le phénomène de pluie de miellat est bien connu (le qualificatif de manne utilisé dans le titre en fait foi) et incontestable, et je l’ai dit « les automobiles qui sont stationnées sous ces arbres atteints, en savent quelque chose). Les apiculteurs connaissent aussi ce phénomène : Il y a deux familles de miels naturels, le miel de nectar et le miel de miellat (exemple miel des Vosges). J’ai aussi constaté la présence de pucerons sous les feuilles et je remercie Marcel de l’avoir signalé et brillamment expliqué.
Mais certains éléments m’aillant intrigués (voir précédemment), cela m’a incité à aller au-delà des apparences.
Je me place donc sur le plan de la microscopie !
La microscopie est un ensemble de technique destinées à voir grâce au microscope ce qui est plus petit que ce que le regard à l’œil nu permet de voir. Mais ces techniques ne se suffisent pas à elle-même, elles sont au service de notre curiosité scientifique.
Aussi grâce au microscope, et à des bourdonnements d’abeilles entendues il y a bien longtemps, j’ai pu constater, vérifier, un certain nombre de phénomènes connus, mais aussi me poser d’autres questions.

Cordialement.

Mots clés : : manne, miellat, sève élaborée, photosynthèse, pucerons, fourmis, cochenilles, fumagine, pollens , aleurode
 

re-bonjour Michel

je te prie de m'excuser, une fois de plus, je n'ai rien compris, j'avais pensé qu'au départ tu posais une question, et j'essayais seulement d'apporter quelques éléments! rien de plus.
Amitiés
A plus

Bonsoir le Forum, et Christian,

Non non, Christian, c’est moi qui ait légèrement biaisé le sujet, il faut bien privilégier le rôle des pucerons (ou autres) plutôt que cette hyper photosynthèse qui m’a été proposée mais j’étais et je suis toujours intrigué par le faible nombre et la toute petite taille des pucerons par rapport à l’énorme quantité de liquide sucré présent sur les feuilles (et les voitures qui sont dessous).
Je sais qu’en physiologie végétale on utilise les stylets des cochenilles ou des pucerons pour mesurer la production de sève par les feuilles mais je n’en sais pas plus sur les quantités normales ou anormales.
Au départ je posais donc plus qu’une question, une incitation à la réflexion et à l’observation.
Etonnant tout de même ?

Cordialement.

 


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