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Les amibes représentent un embranchement du règne des protistes: assez particulier en ce sens que leur classification par des méthodes purement morphologiques est difficile, la taxonomie évoluant de manière dynamique . En particulier les noms d'espèces trouvés dans des ouvrages anciens peuvent être obsolètes à présent .

Les amibes sont des protozoaires eucaryotes unicellulaires vivants dans le sol ou les eaux. Leur origine remonterait à environ 2 milliards d’années et elles interviennent dans beaucoup de processus biologiques

Une espèce a eu une forte publicité dans le grand public à cause de son surnom  : Naegleria fowleri «  amibe mangeuse de cerveaux ». Elle résiste aux moyens de désinfection et peut se retrouver dans l’eau des piscines !

D autres espèces (Entamoeba...) peuvent provoquer des problèmes digestifs et les amibiases frappent environ 10 % de la population mondiale en étant une des premières cause de mortalité.

Ce préambule pour rappeler de prendre les précautions d’usage lors de leur observation : travailler dans un endroit isolé (pas sur la table de la cuisine !), ne pas manger ni boire pendant leur manipulation, désinfecter le matériel, pipettes, lames ... après usage …. On peut distinguer deux types de morphologies : les amibes libres et les amibes à thèque.

Amibes libres : Elles sont constituées d’une masse de protoplasme dont la forme varie constamment au gré de leurs déplacements :  leur transparence permet d’ identifier des éléments remarquables: membrane déformable, noyau, vacuoles contractiles et digestives, inclusion parfois de bactéries , virus ou champignons éventuellement pathogènes

Un exemple : images prises au X 40 à 10 secondes d’intervalle pour illustrer le mouvement : la flèche rouge montre la thèque d’une autre amibe qui a été phagocytée. Les zones floues rappellent que l'amibe n'est pas plate mais se déplace sur les 3 dimensions !

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En l’absence de support l’ amibe peut prendre cette forme étoilée : (autre spécimen)

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Un exemple d' amibe particulière : gromia avec des pseudopodes très fins

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Euglypha acanthophora : les motifs de la thèque sont formés d’écailles siliceuses circulaires juxtaposées

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Euglypha denticulata

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Avec sa forme très caractéristique : Centropyxis 2 spécimens différents où l’on voit le pseudostome d'où sortent les pseudopodes (non visibles ici)

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Une espèce très représentée : difflugia : la thèque est composée de grains de sable agglomérés, souvent des grains de quartz

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Autres exemples de difflugia : celle de droite grignote une spirogyre

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Autre espèce de forme caractéristique facile à identifier : Arcella ; avant de voir en détail cette espèce, trois vues de spécimens différents de face, 3/4 et profil où l’on peut voir que les thèques ne sont pas plates

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Arcella suite :  une vue de deux spécimens l’un juvénile encore transparent et l’autre adulte : dans l’encadré on peut voir un Zoom sur la structure de la thèque  constituée de grains de silice enrobés dans un liant organique . Images au X 40

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Une image en contraste de phase d’un spécimen encore assez transparent . La flèche indique le noyau on remarque le protoplasme replié sur les bords de la thèque

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Cyphoderia ampula : Un phénomène curieux : reproduction probablement (image de gauche) ? lors de l’observation un flux de particules circulait entre les deux spécimens. A droite autre spécimen montrant le col sur la gauche d’où sortent de fin pseudopodes . Image du milieu avec en détail un zoom sur la structure de la thèque

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On trouve des amibes dans tous les milieux et parfois elles viennent même à domicile ! J’avais mis à tremper dans une bouteille à large goulot , des boutures de bégonia pour qu’elles fassent des racines ; elles sont restées dehors plusieurs saisons .

Un an après le fond de la bouteille contenait alors des débris végétaux et des poussières probablement amenées par les épisodes de vents du sahara. .

L’observation montre de très nombreuses amibes à thèques et quelques amibes libres. L’intérêt réside dans le fait que, contrairement à des échantillons extérieurs où on ne trouve qu’une ou 2 amibes, ici il y en a des centaines !

Tout d’abord ces pseudodifflugia oviformis : 2eme image thèque vide montrant le col , 3eme image de reproduction, la nouvelle thèque est produite en premier ; dernière image dîner en tête à tête ? ! la thèque serait faite d’une épaisse couche de phosphate de calcium recouverte d’un vernis organique .

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L’autre espèce encore plus représentée pourrait être : Difflugia alhadiqa  ou difflugia cylindrica ? on remarque côté ouverture (pseudostome) -cercle rouge- une accumulation de particules de quartz de plus grosses tailles, probablement pour faire barrière à des prédateurs. Dernière image en polarisation

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Ici le spécimen se redresse et le grand axe de la thèque se mets en position verticale (perpendiculaire à la lame) pendant les déplacements provoqués par les pseudopodes, qui sont bien visibles ici 

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Une autre image : reproduction ou prédation ? La thèque de gauche est colonisée par des algues chlorelles. Ce devrait être la plus ancienne .

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Une image au X 100 (immersion eau) qui apporte un plus de détails sur les grains à la surface de la thèque , mais lors de l’observation l’objectif a fait bouger la lamelle et le spécimen vu de profil possède une thèque aplatie. On voit aussi des chlorelles autour du pseudostome comme dans l’image ci dessus (commensalisme ? : car pas de chlorelles sur les théques vides )

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Une dernière espèce trouvée dans le même environnement : en position de face et de profil , le pseudostome se voit bien sur la troisième photo de profil: Peut être Trinema

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Modifié par Jean Marie Cavanihac
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Trouvées en petit nombre ces spécimens de petite taille, sans doute euglyphida... ; on devine le pseudostome dentelé, des motifs géométriques (écailles siliceuses) sur la thèque de la première image et peut être un pseudopode fin sur la dernière image à droite (flèche rouge)

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Bien qu’il n’y ait pas eu de nombreuses espèces différentes dans ce prélèvement (culture involontaire !) à domicile, l’observation n’en est pas moins intéressante étant donné le nombre important de spécimens ce qui permet de comparer les caractéristiques entre individus d’une même espèce.

D’ailleurs j’ai oublié un paramètre important , que j’ai pu retrouver grâce au « stock » de la centaine d’amibes : il s’agit des dimensions de la thèque : les mesures sur un individu de profil (à gauche) et un autre de face permettent de voir que la thèque est aplatie : (mesures par ImageJ après étalonnage) Images au X 40.

measures.jpg.1c4832ae6540109038f27913c617be5d.jpg

pour en savoir plus :

https://theses.hal.science/tel-01458824v1/file/these_A_DELAINE_Maxence_2016.pdf

 

 

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